Outil de calcul : plan de fertilisation en maraichage

Comment utiliser l’outil de fertilisation

Cet outil permet d’estimer les apports d’engrais en fonction de la culture et des caractéristiques de votre fertilisation organique.
Retrouvez l’outil [ici]

Choix de la culture
Sélectionnez la culture concernée ou choisissez « valeur personnalisée » si vous souhaitez saisir directement vos besoins NPK (kg/ha).

Surface cultivée
Renseignez la surface de la zone cultivée.
Si votre système est en planche + passe-pied, saisissez uniquement la surface réellement plantée.

Intrant principal
Il s’agit de la source principale d’azote (ex : fumier, compost, engrais organique bouchon…).
Renseignez la formulation NPK de l’intrant.
Cet intrant sert à couvrir prioritairement le besoin en azote (N).

Intrant secondaire
Il complète l’apport en potassium (K) si nécessaire.
On peut utiliser par exemple patenkali, korn-kali, sulfate de potassium…
Saisissez la teneur correspondante (ex : 0-0-30).

Cliquez ensuite sur Calculer.
L’outil indique la quantité d’intrant 1 et d’intrant 2 à apporter sur la surface renseignée.

Exemple – Tomate 200 m²

Besoins de la culture :
330 N – 160 P – 680 K (kg/ha)
Soit pour 200 m² :
6,6 N – 3,2 P – 13,6 K (kg/ha)

Paramètres utilisés :
Intrant 1 : engrais bouchon fiente de poule 4-3-3
Intrant 2 : patenkali 30 % K (0-0-30)

Résultat du calcul pour 200 m² de tomate :

  • Intrant 1 : 165 kg d’engrais 4-3-3
  • Intrant 2 : 28,8 kg de patenkali à 30 %

Cet outil constitue une aide à la décision et doit être utilisé en complément d’une analyse de sol et du suivi de la culture.

MagTech 2025 : Le magazine technique de l’APABA

Retrouvez un résumé des articles du MagTech , le magazine technique de l’APABA 2025, à consulter [ici].

Elevage : Autonomie des fermes en Azote – la clef se trouve dans vos fumiers

Le procédé Walter Witte est un compostage anaérobie à froid (moins de 50°C) qui limite drastiquement les pertes de carbone et d’azote par rapport au fumier classique. En tassant le tas comme un silo d’ensilage et en ajoutant des bactéries lactiques, l’agriculteur préserve la valeur fertilisante de ses effluents. Les essais en Aveyron montrent que ce compost est deux fois plus riche en nutriments (Azote, Phosphore, Potassium) qu’un fumier témoin. Cette technique favorise la santé des sols (RedOx) et réduit les besoins en engrais extérieurs coûteux. Le principal défi reste l’accès à la ressource bois (BRF, plaquettes) nécessaire au mélange.

Filière élevage : Installer des maraîchers sur des fermes d’élevage – un potentiel à explorer

L’installation de maraîchers sur des exploitations d’élevage existantes crée de fortes synergies agroécologiques, comme l’accès direct au fumier et au matériel de culture. Cette diversification sécurise l’installation de nouveaux agriculteurs en limitant les investissements initiaux lourds. Pour les éleveurs, c’est une opportunité de valoriser des terres peu exploitées et de diversifier leurs revenus. Les témoignages soulignent l’importance de sécuriser le foncier par bail et de bien définir les responsabilités de chacun dès le départ. L’entraide humaine lors des pics de travail renforce également la dynamique sociale locale.

Maraîchage : Les bandes fleuries en maraîchage biologique

L’APABA expérimente l’implantation de bandes fleuries pour lutter naturellement contre les ravageurs, notamment les pucerons en maraîchage bio. Ces zones servent de refuges et de sources de nourriture pour les auxiliaires tels que les syrphes, les coccinelles et les chrysopes. Des espèces comme le Souci, l’Achillée ou l’Alysse sont recommandées pour leur floraison précoce ou longue. Le choix des plantes est important pour garantir une bonne implantation. Cette stratégie favorise une biodiversité fonctionnelle qui réduit la dépendance aux traitements, même biologiques.

Viticulture : Adapter ses pratiques en viticulture en année chaude

L’article sur la viticulture souligne la nécessité d’adapter les pratiques lors des années particulièrement chaudes pour préserver la qualité des vins. Les techniciens recommandent des ajustements techniques pour limiter le stress hydrique et protéger les grappes d’une exposition excessive au soleil. La gestion de l’enherbement et le travail du sol deviennent des leviers cruciaux pour réguler l’évapotranspiration. Ces mesures permettent de maintenir l’équilibre sucre-acidité indispensable à la typicité des terroirs aveyronnais. L’accompagnement technique est ici essentiel pour anticiper les aléas climatiques de plus en plus fréquents.

Commercialisation : Les circuits courts : L’offre et la demande en Aveyron

L’offre et la demande en circuits courts font l’objet d’une analyse pour optimiser la commercialisation locale. L’étude identifie un besoin croissant en produits maraîchers frais, notamment pour approvisionner la restauration hors domicile (RHD). Les circuits de proximité permettent de capter une meilleure valeur ajoutée tout en renforçant le lien entre producteurs et consommateurs aveyronnais. Cependant, la logistique et la régularité de l’offre restent des défis majeurs pour structurer durablement ces filières. La coopération entre fermes apparaît comme une solution pour mutualiser les outils de vente et de livraison.

Arboriculture : La mirabelle, un fruit doré et sucré
La mirabelle est un fruit emblématique qui trouve toute sa place dans la diversification des fermes de l’Aveyron. Sa culture demande une attention particulière à la pollinisation et au choix des variétés pour garantir une récolte sucrée et abondante. En tant que “fruit doré”, elle représente une opportunité intéressante pour la vente directe ou la transformation locale. Le Mag Tech de l’APABA souligne l’intérêt de cette production pour enrichir la diversité des ateliers de la ferme. Elle s’intègre parfaitement dans une stratégie de résilience face aux aléas climatiques grâce à sa robustesse.

Mercuriale Occitanie

La Mercuriale Occitanie offre aux maraîchers de la région un relevé de prix mensuel fiable pour les fruits et légumes, segmenté par canal de vente : Vente directe, Demi-gros et Magasin.

Pourquoi participer ?

Rejoindre cette action, c’est accéder à une vision claire du marché pour mieux positionner vos produits. En contribuant, vous débloquez des outils d’analyse exclusifs, notamment des graphiques comparatifs (voir exemple ci-dessous) pour situer vos prix de vente par rapport aux moyennes départementales et régionales.

Comment ça marche ? C’est simple et rapide.

Nous savons que votre temps est précieux. Le dispositif a été conçu pour être le moins chronophage possible :

  • Un rappel mensuel : Vous recevez un mail de saisie en début de chaque mois.
  • Une interface intuitive : La saisie se fait en quelques clics, directement depuis votre smartphone, aux champs ou au batiment.
  • Un retour direct : Les résultats consolidés sont publiés chaque mois dans la newsletter.

Plus nous sommes nombreux à participer, plus les données sont précises et utiles pour l’ensemble de la filière bio et locale.

Prêt à rejoindre le réseau ?

Pour participer à cette action et commencer à comparer vos données, contactez moi directement par mail.

Voici un exemple du comparatif des prix :

Variétés tomates résistantes cladosporiose (2026)

Introduction : la cladosporiose, un enjeu majeur sous abris

La cladosporiose (Passalora fulva, races Pf A–E) est l’une des principales maladies foliaires de la tomate sous abris. Elle se développe en atmosphère humide (hygrométrie > 85 %), notamment lors des nuits froides ou en serre mal ventilée.
Elle provoque des taches olivâtres sur le revers des feuilles, entraînant défoliation, baisse de rendement et sensibilité accrue aux coups de soleil et au botrytis.
Plus d’informations sur la maladie sur ephytia.fr

La prophylaxie (aération, densité maîtrisée, irrigation au sol) reste indispensable, mais le choix variétal avec tolérance Pf A–E est désormais le levier prioritaire en AB — d’autant plus que les solutions fongicides utilisables sont limitées.

Choisir ses variétés de tomates sous abris

L’objectif : sécuriser le rendement avec des variétés F1 productives, robustes, et tolérantes cladosporiose, tout en tenant compte des résistances complémentaires (TSWV, TYLC, ToBRFV, For, Fol…). Toutes les variétés ci dessous sont disponible en bio (variétés NT dans le pdf), aucune variété population n’a de résistance à la cladosporiose.

Tomates rondes (récolte en vrac)

Célesteen (Clause)

  • Tolérances : Clado Pf A–E, TSWV, Fol 0/1, Va/Vd, For, nématodes
  • Atouts : forte vigueur, rendement élevé
  • Points de vigilance : calibre parfois excessif, nouaison irrégulière
    → Une valeur sûre en AB.

Gloriette (Rijk Zwaan)

  • Tolérances : Clado Pf A–E, Fol 0/1, Va/Vd
  • Atouts : très bon tri, peu de 2nd choix
  • Défauts : non tolérante TSWV, perte de calibre l’été
    → Très propre en récolte, parfaite en circuits spécialisés.
Tomates  rondes (récolte en grappes)

Kalixo (Gautier)

  • Tolérances : Clado Pf A–E, Fol 0–1, Va/Vd
  • Atouts : excellente vigueur, rendement élevé
  • Défauts : non tolérante TSWV
    → Référence en grappes, stable et robuste.

Rougella (Rijk Zwaan)

  • Tolérances : Clado Pf A–E
  • Atouts : qualité gustative supérieure
  • Défauts : non TSWV
    → Idéale pour marché local haut de gamme.
Tomates allongées (type roma)

Myriade (Gautier)

  • Tolérances : Clado, nématodes
  • Limite : non TSWV
    → Productive, fiable pour saison printemps-début été.
Diversifiées : cœur de bœuf rouge (variétés F1)

Diamandia (Clause)

  • Tolérances : Clado, mildiou (Pi), Verticilliose, Fol
  • Atouts : bons calibres, peu de collet jaune
    → Un des meilleurs compromis robustesse/qualité en cœur de bœuf rouge.

Dossimo (Clause)

  • Tolérances : Clado + TSWV
    → Gros intérêt dans les secteurs à pression Thrips/TSWV.
Diversifiées : Côtelée rouge (variétés F1)

Kardinata Rouge Marmande – E396 (Enza Vitalis)

  • Tolérances : Clado, ToBRFV, Fol
    → Référence en côtelée rouge moderne avec protection ToBRFV.
Diversifiées : Côtelée noir (variétés F1)

Marnouar (Gautier)

  • Tolérances : Clado, ToBRFV, TmV -V – Fol – Fr
    → Bon rendement et calibre, bonne tolérance clado, qualités gustative < Marnero (non resistante Clado).

Oragio Noires de Crimée – E407 (Enza Vitalis)

  • Tolérances : Clado + ToBRFV
    → Très robuste en conditions difficiles, calibre élevé.
Diversifiées : Côtelée jaunes (Ananas) (variétés F1)

Delisun (Clause)

  • Tolérances : Clado Pf A–E, TSWV, mildiou (Pi), Fol, Verticilliose
  • Atouts : bon rendement, calibre régulier, peu de fentes
  • Vigilance : qualité gustative moyenne, sensibilité nécrose apicale

Margold (Gautier)

  • Tolérances : Clado Pf A–E
  • Atouts : excellente qualité gustative, beau calibre
  • Vigilance : fruits fragiles, rendement modéré
Tableau de synthèse – Variétés sous abris (résistantes cladosporiose)
Type Variété Résistances clés Atouts
Rond vrac Célesteen (Clause) Clado Pf A–E, TSWV, Fol, Va/Vd, For Productive, robuste
Rond vrac Gloriette (RZ) Clado Pf A–E, Fol, Va/Vd Beau tri, calibre régulier
Grappes Kalixo (Gautier) Clado Pf A–E, Fol, Va/Vd Vigueur, rendement
Grappes Rougella (RZ) Clado Pf A–E Goût supérieur
Allongée Myriade (Gautier) Clado, nématodes Productive, fiable
Cœur BF rouge Diamandia (Clause) Clado, Pi, Fol, Verticilliose Calibre, régularité
Cœur BF rouge Dossimo (Clause) Clado, TSWV Sécurité virus
Côtelée rouge Kardinata – E396 (Enza Vitalis) Clado, ToBRFV, Fol Très vigoureuse
Côtelée noire Marnouar (Gautier) Clado, Fol, Verticilliose Calibre + rendement
Côtelée noire Oragio – E407 (Enza Vitalis) Clado, ToBRFV Gros calibre, robuste
Côtelée jaune Delisun (Clause) Clado, TSWV, Pi, Fol, Verticilliose Bons rendements, beau calibre
Côtelée jaune Margold (Gautier) Clado Très bonne qualité gustative

Source : RefBio PACA, pages 7–9

 

Les variétés de tomates pour le plein champ

En plein champ, la pression cladosporiose est faible, mais les contraintes sont :

  • TSWV, mildiou (selon années), coups de soleil, fentes.
  • Fruits buissonnants déterminés → recherche de rusticité.

Les références recommandées (GRAB + APREL) sont :
Galadiant (Voltz)

  • Tolérances : mildiou (Pi), TSWV, Fol 1–3, Va/Vd
  • Atouts : calibre et qualité supérieurs
    → La plus sécurisante pour l’AB.

Morane (Gautier)

  • Tolérances : TSWV
  • Atouts : très bon rendement
    → Standard robuste en climat méditerranéen.

Tribeca (Vilmorin, NT)

  • Tolérances : TSWV
    → Compromis rendement/précocité.

Bravence (Clause, NT)

  • Tolérances : TSWV, TYLC
    → Intérêt dans zones à forte pression TYLC.
Tableau de synthèse – Variétés plein champ
Variété Port Résistances clés Atouts agro
Galadiant Déterminé Pi, TSWV, Fol 1–3, Va/Vd Très sécurisante AB
Morane Déterminé TSWV Rendement fort
Tribeca (NT) Déterminé TSWV Précocité
Bravence (NT) Déterminé TSWV, TYLC Robustesse virus

Source : RefBio PACA, page 10

Retrouvez plus d’informations dans le PDF du GRAB.

Points techniques clés sur la pomme de terre

Pomme de terre : points techniques clés présentés par Fadi El Hage (Arvalis)

Avec le groupe DEPHY, 3 rencontres techniques sont organisées en visio avec Arvalis sur différents sujets :

  • Mardi 4 novembre : variétés – types – comportement mildiou & taupin – conduite
  • Mardi 2 décembre : fertilisation, irrigation, gestion des adventices
  • Mardi 10 février : gestion des biogresseurs (dont mildiou / alternaria / rhizoctonia et taupin)

Voici un récapitulatif de ce qui a été dit dans la première intervention, je mettrais à jour cette article après chaque visio.

Structure du sol et implantation
  • 25 % d’argile n’est pas un problème pour la culture de la pomme de terre : aucune baisse de rendement observée.
  • Les températures fraîches favorise une bonne tubérisation.
  • Lorsque c’est possible, planter tôt (février) permet d’éviter les coups de chaud estivaux et de sécuriser la tubérisation.
Densité de plantation
  • Une forte densité produit des tubercules plus petits.
  • Même en primeur, il est inutile de dépasser 4–5 plants/m² (calibre 28-50) :
    → aucune amélioration significative du rendement
Pressions sanitaires
Virus Y & galle commune
  • Ces problématiques sont en augmentation sur le territoire.
Mildiou
  • Lorsque la tache est sporulante (halo blanchâtre), les pluies font tomber les spores sur les tubercules.
  • Le mildiou ne passe pas par la plante : la contamination du tubercule nécessite un contact direct.
  • Bien protéger les tubercules (buttage, couverture suffisante).
  • Attention aux tas de déchets, principal foyer de redémarrage du mildiou.
Variétés conseillées
Primeurs sous abri
  • Aubaine, Chanelle, Twinner, Twister, Maïwen, Montréal
Résistantes aux coups de chaud
  • Colomba (très sensible au mildiou, non adaptée pour la fritabilité)
  • Auriera, Attila, Aubaine, Cheyenne, Ysalis

→ Note : Colomba a besoin d’être beaucoup irrigué, jusqu’à 30 à 40 mm/semaine selon l’ETP.

Gestion des taupins
  • Éviter les variétés Mintou, Mona Lisa, Anna Rosa en cas de pression taupin.
  • Éviter les précédents blé, fortement favorables aux taupins (voir graphique).
Conservation et qualité de fritabilité
  • Pour conserver les qualités de friture, stocker entre 6 et 9 °C.
  • Une conservation à 4 °C pendant un mois entraîne l’accumulation de sucres :
    → coloration excessive,
    → perte de croustillant.
  • Des chutes brutales de température au champ (variations de 15 °C) favorisent aussi la sucration.
  • Après récolte, pratiquer un palier de refroidissement progressif avant l’entrée en chambre froide.

Récolter, stocker, charger : comment limiter les ports de charge ?

Chargement et déchargement des légumes

Le maraîchage est un métier très physique : un légume peut être porté 6 à 10 fois entre la récolte et la vente (récolte → mise en caisse → déplacement au point de collecte → lavage → re-mise en caisse → stockage → chargement du véhicule → déchargement).
Pour donner un exemple : une production de 18 tonnes de légumes à 2.5 UTH peut vous faire porter entre 43 et 72 tonnes de légumes chacun et par saison !
Optimiser ces flux réduit la fatigue, les troubles musculo-squelettiques et améliore la productivité.

Exemple de chargement de camion en maraîchage biologique.

Organisation des caisses de récolte

La gestion des caisses doit être pensée pour minimiser les manutentions :

  • limiter les transferts caisse → table → autre caisse ;
  • travailler uniquement avec caisses empilables et homogènes ;
  • prévoir des zones dédiées : récolte, lavage, stockage, préparation de commande.

Les gains sont immédiats : moins de port de charge, moins d’allers-retours, plus de régularité dans les flux.

L’importance du bâtiment maraîcher

Le bâtiment maraîcher est le cœur logistique d’une ferme : stockage, lavage, tri, conditionnement et préparation des commandes.
Un bâtiment pensé pour le flux continu (“marche en avant”) permet de garder une bonne circulation des légumes, moins de manutention et donc une économie de temps et d’énergie.

Même avec un budget limité, il est possible de réaménager progressivement un bâti existant, en gardant deux principes :

  • Limiter les manutentions et rationaliser les déplacements.

Chaque poste doit être évalué : surface nécessaire, ergonomie, hauteur de travail, circulation des caisses.

Bâtiment de stockage
Aire bétonnée

Une aire bétonnée facilite le passage du transpalette ou du diable et le déplacement des palettes jusqu’au véhicule.
Un quai de chargement améliore encore l’efficacité, mais son coût peut être élevé.

Palettes et palox
  • privilégier des palox de petite taille et des palettes uniformes,
  • éviter les piles de plus d’un mètre pour garantir la ventilation,
  • organiser des zones définies : entrée légumes, sortie commandes.
Alternative au quai : la rampe de chargement

Lorsque la construction d’un quai n’est pas envisageable, la rampe de chargement mobile est une excellente alternative.
Avantages :

  • faible investissement,
  • utilisable aussi bien pour les livraisons que pour les marchés,
  • compatible avec diables.

Une rampe longue est plus encombrante et plus difficile à manipuler, mais elle offre une pente plus douce, ce qui facilite grandement les chargements.

Circulation des caisses : diable + mini-palette

L’association diable + mini-palette est l’un des systèmes les plus efficaces pour petites fermes :

  • les légumes sont posés sur mini-palette dès la sortie du lavage,
  • le diable assure le transport direct vers la chambre froide,
  • la même mini-palette est reprise pour le chargement du camion,
  • aucune recaisse ou manipulation intermédiaire.

Résultat : Diminution du nombre de ports, diminution du temps passé en manutention et réduction des risques de blessures (dos, épaules, poignets).

Retrouvez un document de 2018 “Ergonomie à la Ferme” de l’Atelier Paysan ci contre.
Retrouvez également une vidéo des Jardins de la Valette sur le chargement et déchargement avec le diable au marché.

Expérimentation paillages hors-sol

L’expérimentation Divabio 2025 s’est déroulée chez Guillaume Cavalerie et portait sur des relevés de température de différents paillages hors sol afin d’améliorer la précocité des légumes primeurs.
En 2024, l’expérimentation reposé sur des relevés de température en fonction de différentes couvertures retrouvez le bilan 2024 ici.

Les thermoboutons ont été enterrés en milieu de planche à 10 cm de profondeur. Une sonde « température air » a également été installée dans la serre.
L’objectif était de suivre la température sous différents paillages hors-sol.

Le suivi a porté sur de la pomme de terre primeur, variété Jeannette, calibre 25/40, pré-germée 3 semaines au chaud. Le sol a été travaillé au rotavator et la plantation réalisée le 31 janvier 2025. Toutes les modalités ont été couvertes d’un voile P30 (voir photo).
La pomme de terre primeur est vendue 5 €/kg en vente directe (marché et magasin de producteurs). Le producteur obtient habituellement 2 kg/m² en début de récolte et jusqu’à 3 kg/m² en fin de récolte.

Les thermoboutons ont été installés le 12/02/2025 et retirés le 16/02/2025.
Cinq modalités ont été suivies (voir graphique) :

  • Bâche marron « thermique »
  • Bâche noire
  • Toile tissée 130 g
  • Bâche transparente
  • Témoin : sol nu
Résultats – Sommes de degrés

Les bâches plastique noire et marron sont les plus chaudes, tandis que la toile tissée est clairement la plus froide.
Ordre décroissant :

  • Noir / Marron : ≈ 33 300 degrés
  • Transparent : 32 700 degrés
  • Sol nu (témoin) : 31 900 degrés
  • Toile tissée : 30 300 degrés
  • Température air serre : 29 600 degrés
Moyennes de température

Les moyennes sont proches entre modalités, sauf pour la toile tissée qui se rapproche de la température air :

  • Noir / Marron : 15 °C
  • Transparent & Sol nu : 14,5 °C
  • Toile tissée : 13,75 °C
  • Air serre : 13,43 °C

On observe sur la courbe que la bâche transparente était plus chaude en février, puis a progressivement baissé pour rejoindre les autres modalités.

Observations agronomiques
  • Bâche transparente : ne contrôle pas les adventices. La pomme de terre pousse parfois entre bâche et sol → nécessité de repasser manuellement pour guider les feuilles dans les trous.

  • Toile tissée : retard thermique net. Sur les photos du 18 mars, les plants sont plus trapus, moins filants, mais avec un stade légèrement en retard.

Rendements

Malgré les différences de températures, aucune différence notable n’a été observée en précocité ou en rendement. Les modalités se sont rattrapées et un rendement global d’environ 3 kg/m² a été obtenu.

Le soufre élementaire

Soufre élémentaire — Bon usage en maraîchage bio

Le soufre est essentiel, il peut aussi acidifier des sols alcalins et améliorer la disponibilité des nutriments — à condition d’être utilisé au bon moment et sous la bonne forme.

Attention : une analyse de sol est obligatoire avant de réaliser un apport.

Exemple d’application (Soufre + Bentonite)
  • Dosage (par an) :
    • jusqu’à 80 kg/ha avec un pH >8
    • 50-60 kg/ha avec un pH>7.5
  • Apporter le soufre sur toutes les surfaces plein champ et sous abris (y compris les passe pied)

Attention : Il s’agit ici d’exemple d’application, l’apport de soufre doit se faire sur appuie d’une analyse de sol et d’un technicien.

Quand l’apporter ?

Automne (octobre) pour le soufre élémentaire. Pas au printemps.

  • Minéralisation lente : le sulfate serait disponible en août (peu utile).
  • La transformation consomme de l’eau (compétition en été).
  • Par chaleur + sol sec : volatilisation (SO₂) → pertes.
    Formes disponibles
    • Soufre élémentaire pur 99,9 % (granulométrie fine, pastilles).
    • Soufre + bentonite (~10 %) : meilleure mise en contact/assimilation.
    • Alternatives fin d’hiver : sulfate de potassium ou sulfate de calcium.
    Logistique collective

    Possibilité d’achats groupés (sacs de 25 kg) à organiser entre maraîchers.

    En résumé
    Levier Clé d’utilisation
    Objectif Apporter du S lentement minéralisable sans concurrencer l’eau estivale.
    Moment Automne (octobre) — éviter le printemps.
    Sécurité EPI + gestion du pH et des apports associés.
    Alternatives Sulfates (K ou Ca) en fin d’hiver si besoin tardif.

    Sclérotinia du haricot

    Sclérotinia du haricot (Sclerotinia sclerotiorum)
    Sclérote haricot
    Sclérote pouvant survivre plusieurs années dans le sol

    Le sclérotinia est une maladie fongique sur haricot sous abri comme en plein champ, particulièrement en milieu frais, humide et peu ventilé. Il se conserve dans le sol sous forme de sclérotes (organes noirs très résistants), pouvant survivre plusieurs années.


    Symptômes à observer
    • Flétrissement brutal de tiges ou rameaux
    • Mycélium blanc cotonneux sur collet ou tiges
    • Sclérotes noirs visibles dans les tissus nécrosés ou sur sol
    • Progression rapide par contact plante à plante

    Facteurs favorisants
    • Humidité élevée, condensation, irrigation par aspersion
    • Densité excessive → manque d’aération
    • Résidus infectés laissés au sol
    • Rotation courte avec espèces sensibles (salades, carotte, betterave, courges…)

    Gestion et prévention
    Levier Actions recommandées
    Hygiène Arracher et sortir les foyers avec motte — ne pas composter
    Ventilation Aérer serre, éviter excès de feuillage (espacement / taille)
    Irrigation Favoriser goutte-à-goutte, éviter l’aspersion
    Rotation 5–6 ans sans cultures sensibles sur la zone contaminée
    Couvert du sol Éviter trop d’humidité piégée (bâches non perforées, etc.)
    Bio-contrôle Possible usage de Coniothyrium minitans sur zones à risque
    D’autres photos sont disponibles dans l’article.

    Achat – revente sur une ferme

    Faire de l’achat-revente sur sa ferme

    L’achat-revente sur une ferme peut avoir un intérêt lorsqu’on souhaite proposer une gamme de légumes plus diversifiée, ou vendre des productions difficiles à faire chez soi — par exemple le poireau ou la pomme de terre quand on n’est pas ou peu mécanisé.

    Il est tout à fait possible de le faire, mais en respectant certaines règles. De plus, il est important de savoir qu’il existe plusieurs définitions de l’activité agricole : une juridique, une fiscale et une sociale. Les règles sont différentes pour ces 3 définitions avec des modifications chaque année, il est conseillé de vous faire accompagner dans ces démarches.

    Voici un récapitulatif :

    • Régime réel :

    Lorsque l’entreprise est soumise à un régime réel d’imposition, il est possible d’intégrer l’achat-revente dans le bénéfice agricole tant que ces recettes restent accessoires : environ 30 % du chiffre d’affaires et sans dépasser 100 000 € (moyenne sur les 3 dernières années).

    Je cite :
    “Les produits des activités accessoires […] réalisés par un exploitant agricole soumis à un régime réel d’imposition peuvent être pris en compte pour la détermination du bénéfice agricole lorsque […] la moyenne annuelle des recettes accessoires commerciales et non commerciales de ces trois années n’excède ni 50 % de la moyenne annuelle des recettes tirées de l’activité agricole au titre desdites années, ni 100 000 €.”  Lire plus

    • Micro-BA :

    Au régime micro-BA, il n’est pas autorisé de rattacher le chiffre d’affaires de l’achat-revente au chiffre d’affaires agricole. Il n’est pas non plus possible de créer une micro-BIC pour une activité qui serait en réalité une extension de l’activité agricole.

    Je cite :
    “Les exploitants agricoles relevant du régime des micro-exploitations (ou micro-BA) […] sont exclus du champ d’application de l’article 75 du CGI et ne peuvent pas rattacher à leur bénéfice imposable sous ce régime les recettes accessoires […]”  Lire plus

    et également :
    “Les recettes accessoires commerciales ou non commerciales réalisées par les sociétés civiles relevant du régime micro-BA sont imposées distinctement, selon un régime réel d’imposition[…].”  Lire plus

    Donc l’achat-revente est bien considéré comme une recette accessoire commerciale et ne peut pas être intégrée dans le micro-BA.

    Donc comment faire ?

    Déclarer un BIC avec le même SIREN, sans créer une nouvelle entreprise :

    • Déclarer l’activité commerciale (achat-revente) via le guichet INPI
    • Ajouter un second code APE (ex. 47.21Z)
    • L’administration crée deux catégories fiscales sur le même SIREN :
      • Micro-BA pour l’activité agricole
      • BIC réel pour l’achat-revente
    • La déclaration se fait sur la 2042-C-PRO dans deux rubriques distinctes

    → Même SIREN, deux catégories fiscales séparées.

    Je vous conseille de vous faire accompagner pour réaliser ces démarches, vous pouvez contacter l’AFOCG ou la Chambre d’Agriculture d’Aveyron.

    Et sur le plan de la commercialisation ?

    Il est important d’être transparent avec le client et de bien séparer visuellement les produits issus de la ferme et ceux provenant de l’achat-revente. En cas de contrôle, il est indispensable de disposer des factures des légumes achetés ; ces factures peuvent également attester d’un éventuel label AB sur les produits revendus.

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