Fiche technique

Palisser tomates et concombres sans escabeau : retour sur le système Qlipr

Maraîchage Ergonomie Matériel Technico-économique Tomate
Palisser tomates, concombres et même haricots les deux pieds au sol, sans escabeau, toute la saison : c’est ce que permet le système de crochets et de clips Qlipr, vu en culture lors de la rencontre technique du 21 septembre 2026 à la Ferme les Essards (Andillac, Tarn).

Le 21 septembre 2026, l’APABA et la Chambre d’agriculture du Tarn ont organisé une rencontre technique à la Ferme les Essards, la ferme maraîchère biologique de Solène et Romain à Andillac. Au programme : la méthode de tuteurage des tomates et des concombres sous abri avec le système Qlipr, fabriqué par Pellikaan aux Pays-Bas.

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Le principe

Le système se compose de trois éléments :

  • une tige métallique (le crochet, appelé PlanthooQ) qui s’accroche au fil de culture et pend vers le bas ;
  • deux clips en inox par tige (Qlipr), garnis d’une mousse (ProteQ) qui protège la tige du plant ;
  • le fil de culture déjà en place dans l’abri.

Le plant est pincé contre la tige métallique par deux clips. Quand il a poussé d’une cinquantaine de centimètres, les deux clips échangent leur place : le clip du haut coulisse le long de la tige jusqu’en bas, contre la butée, à la place de l’ancien ; le clip qui était en bas vient alors pincer le plant plus haut, au-dessus.

Cette manipulation permet aussi de décaler les plants pour gagner de la longueur. Sur une saison, un plant de tomate peut atteindre 5 m de long, alors que le fil de culture n’est qu’à 2 ou 3 m de haut. Il faut donc faire descendre la tête régulièrement pour qu’elle reste à portée de main. Avec ce système, c’est simple : au moment de palisser, on prend la tige métallique à la main et on la fait glisser le long du fil de culture, toujours du même côté. Le plant se retrouve en travers : sa tête n’est plus au-dessus de son pied mais décalée sur le côté. Toute la longueur du plant ne tient alors plus que par les deux clips sur la tige métallique. Le petit bourrelet au bas de la tige sert de butée : il empêche le clip de glisser et de tomber.

Une piste pour les concombres. Sur certaines fermes, le concombre est conduit autrement : la tige principale est effeuillée par le bas et reste enroulée au même endroit, pendant que la tête descend au fur et à mesure de la saison. Ce mode de conduite se mettrait en place très facilement avec cet outillage : l’échange des deux clips tout au long de la saison, associé à un effeuillage régulier, donnerait un système très rapide à conduire.

Toutes ces manipulations se font à hauteur d’homme, sans escabeau.

Une piste d’amélioration pour les tomates : soutenir les lianes

En décalant les plants, la partie basse des lianes finit par reposer au sol. Un support de lianes (des arceaux métalliques posés le long du rang) les maintiendrait au-dessus du sol. La culture serait mieux ventilée, et les bouquets ne toucheraient plus le sol lors des blocages de culture, comme cet été.

Exemples de supports : arceaux Reag Tools.

Arceaux de support maintenant les lianes de tomates au-dessus du sol
Photo : Neversink Tools
En début de saison, une ficelle reste nécessaire

Tant que le plant n’a pas atteint le bas de la tige métallique, il faut le palisser sur une ficelle classique. Le système Qlipr prend le relais ensuite. Pour les tomates, cette ficelle peut rester en place plusieurs années ou être enlevée à chaque fin de culture. Pour les concombres, la ferme utilise une ficelle biodégradable en sisal : en fin de culture, elle part avec les déchets de culture, sans tri.

La mise en place est très simple : on accroche une tige au-dessus de chaque plant, et c’est tout. À la Ferme les Essards, ce sont même des stagiaires qui s’en chargent, et cela va très vite.

Bien choisir la longueur des tiges

Les tiges existent en 80, 100, 120, 140, 160 et 180 cm. La longueur se choisit en fonction de la hauteur du fil de culture : l’idéal est que le bas de la tige arrive à environ 1 m au-dessus du sol.

Longueur de tige ≈ hauteur du fil de culture − 1 m.

  • À la Ferme les Essards, les tiges mesurent 1,80 m et leur bas arrive à peu près à 1 m du sol.
  • Dans un abri bas, avec un fil de culture à 1,80 m, on prendra plutôt des tiges de 80 cm.
Ce que nous avons vu sur la ferme

Les avantages

  • Palissage et décalage des têtes sans escabeau, en restant au sol.
  • Le palissage reste facile même quand on a pris du retard.
  • L’ébourgeonnage (retrait des gourmands) se fait facilement.
  • Fonctionne sur tomates, concombres et même haricots. Pour les haricots, pas besoin de clip : la plante suit directement la tige.
  • Matériel réutilisable d’une saison à l’autre ; aucune ficelle plastique à jeter en fin de culture.

L’inconvénient

  • Le coût d’achat (voir le chiffrage ci-dessous). En contrepartie, le travail de palissage est beaucoup plus rapide. La ferme n’a pas de chiffres précis sur le temps gagné, mais elle est très satisfaite du système.
Entretien : prévoir des mousses de rechange

La ferme utilise toujours les mousses d’origine, en place depuis son installation il y a 6 ans. Avec le temps, elles gardent la forme de la tige et finissent par ne plus serrer assez les tiges les plus fines : la ferme conseille de les changer au bout de 2 à 3 ans et d’en avoir quelques-unes d’avance. Elles se vendent seules sur la boutique Pellikaan (ProteQ 140 : 4 € les 50, 35 € les 500).

Côté sanitaire, la ferme n’a relevé aucun foyer de maladie lié aux mousses, même si elles gardent l’humidité. Elle ne les désinfecte pas et n’a pas eu de problème particulier.

Combien ça coûte ? Exemple pour 100 m²

Base de calcul : une densité de 2,25 têtes par m² (450 têtes pour 200 m² d’abri), soit 225 têtes pour 100 m². On compte bien par tête et non par plant : chez Solène et Romain, les tomates sont conduites à 2 têtes. Il faut une tige par tête et deux clips par tige, donc 225 tiges et 450 clips.

Pour 100 m² (225 têtes) Tiges de 80 cm Tiges de 180 cm
Tiges PlanthooQ (1 carton de 250) 90,00 € 132,50 €
Clips Qlipr avec mousse (2 lots de 250, soit 500 clips) 240,00 € 240,00 €
Total 330,00 € 372,50 €
Soit par m² 3,30 € 3,73 €
Soit par tête 1,47 € 1,66 €

Prix relevés le 21 septembre 2026 sur la boutique en ligne de Pellikaan, frais de port non compris. Le site ne précise pas si la TVA est incluse : à vérifier au moment de la commande.

Pour adapter à votre surface, il suffit de faire une règle de trois. Les cartons de 250 laissent quelques pièces de rechange. Au-delà, les grands conditionnements reviennent moins cher : pour 200 m² (450 têtes, 900 clips), le lot de 1 000 clips coûte 450 € au lieu de 480 € pour quatre lots de 250.

Les clips sont annoncés pour durer une dizaine d’années. Sur cette durée, le système revient à environ 33 à 37 € par an pour 100 m² (330 à 372,50 € divisés par 10 ans).

Et le temps de travail ?

La ferme visitée n’a pas mesuré le temps gagné. Deux repères trouvés ailleurs :

  • le fabricant annonce environ 20 % de main-d’œuvre en moins sur le tuteurage (fiche produit Pellikaan). C’est un chiffre du fabricant, pas une mesure indépendante ;
  • aux États-Unis, un maraîcher qui a testé le système estime qu’il peut faire gagner à sa ferme plus de 20 heures de travail par rapport à son ancien palissage, en supprimant aussi l’échelle pour accrocher les crochets (High Mowing Organic Seeds).

Plus de photos dans la galerie en bas de page.

Vu également sur la ferme
  • Tapis anti-fatigue
    Photo : Amazon

    Un tapis anti-fatigue, utilisé sur les marchés pour éviter les douleurs dues au piétinement. Il isole aussi du froid lors des marchés d’hiver.

  • Tuyau microperforé Sumi Soaker
    Photo : Terrateck

    Un tuyau « Sumi Soaker » (Sumisansui) : un tuyau microperforé qui arrose par aspersion. Facile à mettre en place, il arrose 4 planches de culture d’un coup (en système Fortier). Voir le tuyau Sumi Soaker chez Terrateck (rouleau de 100 m, 10 m de couverture).

Pour aller plus loin