Guide : gérer l’hygrométrie sous abris

Pourquoi l’hygrométrie pilote tout sous abri

En maraîchage biologique sous tunnel, on n’a pas de fongicide systémique pour rattraper un mildiou ou un foyer de botrytis qui démarre. Le sanitaire repose presque entièrement sur la prophylaxie, et la prophylaxie repose presque entièrement sur le couple température / humidité relative (HR). C’est le levier n°1 : un pilotage fin de l’ambiance permet de désamorcer 80 % des risques cryptogamiques avant qu’ils ne s’expriment, alors que le soufre, le cuivre ou les stimulateurs de défense interviennent uniquement en appui. Le réflexe à intégrer : sous abri, ce n’est pas la HR moyenne sur 24 h qui compte, c’est la durée pendant laquelle la HR dépasse 90 % et la durée d’humectation foliaire (présence d’eau liquide sur les feuilles). Quelques heures par nuit suffisent à enclencher un cycle infectieux, même si la journée est sèche.

Oïdium contre mildiou : deux univers opposés en eau libre

Le piège classique sous tunnel, c’est de gérer l’ambiance comme si tous les champignons aimaient les mêmes conditions. Ce n’est pas le cas. La distinction majeure : les mildious (oomycètes) ont besoin d’eau libre sur la feuille pour germer ; les oïdiums (ascomycètes) n’en ont pas besoin et peuvent même être inhibés par l’eau liquide.

Côté mildiou : eau liquide indispensable
  • Phytophthora infestans (mildiou tomate / pomme de terre) : entre 10 et 25 °C, il suffit de 2 heures d’humectation foliaire pour déclencher une infection. Optimum de germination indirecte (zoospores) entre 10 et 15 °C, optimum mycélien à 23 °C. Sporulation optimale 12 à 18 °C, HR > 90 % requise.
  • Bremia lactucae (mildiou de la laitue) : germination des spores à partir de 3 h d’humectation foliaire, optimum 15 °C, sporulation très fortement augmentée dès que HR > 90 %. La libération des sporanges se fait le matin quand la T° remonte et l’HR chute — c’est le moment critique de l’aération.
  • Pseudoperonospora cubensis (mildiou des cucurbitacées, concombre et melon en tête) : 2 h d’humectation foliaire suffisent dès 20 °C, jusqu’à 6 à 12 h à 10-15 °C. Maximum infectieux vers 25 °C. C’est l’un des plus redoutés en tunnel concombre.
Côté oïdium : sec en surface, mais humidité dans l’air
  • Podosphaera xanthii et Golovinomyces cichoracearum (oïdiums des cucurbitacées) : optimum thermique 20 à 27 °C, HR de l’ordre de 50 à 90 %. Particularité : germination même en l’absence d’eau libre, et les fortes pluies / aspersions lessivent au contraire les conidies.
  • Leveillula taurica (oïdium interne des solanacées, tomate / aubergine / poivron) : optimum 20 à 26 °C, HR optimale 70 à 80 %, infections possibles de 10 à 33 °C. Particularité importante en abri : l’eau libre sur le limbe limite son développement. C’est un pathogène typique de l’ambiance sèche-tiède-fermée.

Conclusion opérationnelle : on ne peut pas optimiser contre les deux en même temps. Il faut caler son ambiance sur le risque dominant du moment, défini par l’espèce cultivée, le stade, et la météo extérieure des 48 h à venir.

Le troisième : Botrytis cinerea

Botrytis cinerea (moisissure grise / pourriture grise) est l’opportuniste qui s’installe sur les plaies (effeuillage, casse, fruits éclatés) dès que les conditions le permettent. Données chiffrées issues d’Ephytia INRAe :

  • Germination des conidies entre 1 et 30 °C, optimum 18 à 20 °C.
  • Contamination effective dès HR ambiante ≥ 90 % pendant 15 h, ou en présence d’eau libre.
  • Inhibition au-delà de 30 °C.
  • Conditions très favorables : 17 à 23 °C avec HR autour de 95 %, exactement ce qu’on retrouve sous tunnel mal aéré, en fin de nuit / petit matin.

Le botrytis sous tomate, c’est presque toujours la conjonction : une plaie d’effeuillage + une nuit à 95 % d’HR sur plusieurs heures. D’où la règle : effeuiller en début d’après-midi, par temps sec et aéré, jamais le matin sur feuillage humide.

Aération : les leviers et les repères opérationnels
Hiérarchiser les ouvrants

Trois leviers, à actionner dans cet ordre selon le besoin :

  • Faîtière : la plus efficace pour évacuer l’humidité et la chaleur (effet cheminée). Indispensable au printemps pour sécher la condensation accumulée sous la voûte.
  • Ouvrants latéraux : régulation fine de l’HR, mais attention au “wind effect” qui dessèche le rang de bordure et favorise oïdium en lisière.
  • Pignons : appoint, utiles pour traverser un tunnel long et casser les zones mortes.
Repères journée type, saison maraîchère active
  • Matin (7 h – 10 h) : moment le plus critique. La T° remonte vite, l’air saturé de la nuit se condense sur tous les organes froids. Ouvrir progressivement la faîtière dès que la T° intérieure dépasse de 2 à 3 °C la T° extérieure, pour évacuer la masse d’air humide. Objectif : sécher le feuillage en moins de 2 h après le lever du soleil — sous le seuil critique de germination des mildious.
  • Mi-journée (10 h – 16 h) : aération maximale par temps chaud (T° > 28 °C dehors). On accepte une HR qui peut descendre à 50-60 %, ce qui pénalise modérément la photosynthèse mais bloque botrytis et mildious.
  • Fin de journée (16 h – 19 h) : refermer avant que la T° intérieure ne descende sous celle du point de rosée, sinon on bascule directement en condensation sur feuillage pour toute la nuit. Le bon réflexe : refermer 1 à 2 h avant le coucher du soleil pour piéger un peu de chaleur, et laisser repartir un peu d’HR contrôlée.
  • Nuit : tunnel fermé l’hiver, partiellement ouvert l’été. À surveiller : la T° de point de rosée. Si la T° des feuilles passe sous le point de rosée, condensation systématique → favorable mildious et botrytis.
Notion de point de rosée à intégrer

Le point de rosée, c’est la T° à laquelle l’air en place devient saturé (HR = 100 %) si on le refroidit sans changer sa teneur en eau. Une masse d’air à 20 °C / 80 % HR a un point de rosée de l’ordre de 16,5 °C : dès que la paroi du tunnel ou la face inférieure d’une feuille passe sous 16,5 °C, on a de l’eau liquide. C’est pour ça qu’une nuit dégagée et fraîche (rayonnement) condense beaucoup plus qu’une nuit couverte et douce, à HR équivalente.

Brumisation et aspersion : levier ou piège selon le contexte
Quand la brumisation est utile
  • Canicule (T° intérieure > 32-34 °C, HR < 40 %) : brumisation en gouttelettes très fines au-dessus du couvert, en milieu de journée, pour faire baisser la T° par évaporation et éviter l’avortement floral en tomate / aubergine.
  • Protection biologique intégrée (PBI) : maintien d’une HR > 65-70 % pour la survie et l’efficacité de Phytoseiulus persimilis, Macrolophus pygmaeus ou Amblyseius swirskii.
  • Forçage levée en pépinière sur jeunes plants peu enracinés.
Quand la brumisation est contre-productive
  • Sur cultures sensibles aux mildious (concombre, melon, laitue) : toute humectation foliaire prolongée > 2 h ouvre la porte à P. cubensis ou B. lactucae.
  • En fin de journée : le feuillage n’a pas le temps de sécher avant la fermeture. À proscrire après 16 h.
  • Pendant la floraison de la tomate : excès d’humidité agglutine le pollen, gêne la déhiscence des anthères et fait chuter la nouaison. La brumisation est tolérée si elle est ciblée allées et structure, pas sur feuillage.
  • Sur tomate / aubergine en pleine pression Leveillula taurica : maintenir une HR modérée (60-70 %) limite l’extension — mais attention, baisser sous 50 % avec wind effect en bordure peut au contraire favoriser le pathogène.
Aspersion au sol vs aspersion au feuillage

 

L’arrosage au sol (goutte-à-goutte, gaines, aspersion basse) est presque toujours préférable : on humidifie la zone racinaire sans mouiller le feuillage, on évite les durées d’humectation problématiques. L’aspersion au feuillage ne se justifie que ponctuellement : rafraîchissement d’urgence par canicule, lessivage d’un dépôt de soufre, ou levée de jeune semis. Si on y a recours, on le fait tôt le matin pour que la dessiccation soit complète avant midi.

Les asperseurs sous abris sont modifiés pour que l’aspersion puisse se faire au dessus des cultures, ici des haricots.

Tableau de synthèse : que faire selon la situation
Contexte Geste recommandé À éviter
Tunnel tomate, nuit à 95 % HR + condensation matinale Faîtière ouverte dès +2 °C delta intérieur / extérieur ; viser séchage feuillage en 2 h Laisser fermé jusqu’à 10 h “pour gagner en chaleur”
Canicule concombre, 35 °C / 30 % HR Brumisation fines gouttes en allées + faîtière ouverte ; effeuillage léger pour aération Brumisation directe sur feuillage en fin d’après-midi
Tomate en floraison, HR ambiante 80-85 % Aération latérale modérée + brassage par circulation d’air ; effeuillage début après-midi Brumisation, aspersion sur feuillage, tout geste mécanique sur feuillage humide
Laitue d’arrière-saison, T° 12-15 °C, nuits humides Fermeture tardive, ouverture précoce, écartement plantation large ; surveillance Bremia visuelle quotidienne Aspersion en fin de journée ; densités trop fortes
Cucurbitacée en pleine pression oïdium (P. xanthii) Soufre micronisé préventif si 18 °C < T° < 28 °C, tôt le matin ; effeuillage feuilles vieilles Soufre par > 28 °C (phyto), aération brutale qui dessèche bordures
Effeuillage tomate planifié Début après-midi, temps sec, tunnel aéré, plaies au plus près de la tige Effeuillage matinal sur feuillage humide ou plaies larges qui cicatrisent mal
Nuit fraîche après journée chaude (point de rosée bas) Refermer 1 h avant le coucher du soleil pour piéger T° ; aération minimale faîtière la nuit si humidité forte Tunnel complètement fermé sur masse d’air saturé
Articulation avec les autres pratiques bio

Quatre pratiques structurantes pour gérer l’hygrométrie :

  • Densité et écartement : un rang de tomates à 50 cm sur le rang fonctionnera très différemment d’un rang à 35 cm en termes de circulation d’air. Pour les cultures à forte biomasse foliaire (concombre, courgette en cordon), prévoir + 10 à 15 % d’écartement par rapport au plein champ pour compenser la moindre ventilation. Il est également préférable d’avoir des rangs très serré mais d’avoir plus d’espace entre rang. Par exemple : Il vaut mieux avoir 1 planche sur 2 vide avec des tomates à 25cm que chaque planche de tomates à 50cm.
  • Effeuillage progressif : sur tomate, effeuiller 1 à 2 feuilles par semaine sous le bouquet en récolte, jamais plus de 3 d’un coup. Toujours en début d’après-midi, temps sec, plaies nettes. C’est probablement le levier prophylactique n°1 contre B. cinerea tige.
  • Choix variétal : intégrer dans la commande de plants les résistances disponibles. Sur tomate, Cf (cladosporiose) est aujourd’hui quasi standard ; sur concombre, résistances P. cubensis et P. xanthii existent (lignées récentes). Sur laitue, suivre les races de Bremia en pression locale et adapter (Bl 16-37+ selon les saisons).
  • Soufre micronisé : reste l’allié principal contre les oïdiums en bio. Fenêtre d’efficacité : T° entre 18 °C (seuil de sublimation) et 28 °C. En dessous de 18 °C : inerte. Au-dessus de 28-30 °C : risque de phytotoxicité (brûlures). Application tôt le matin, dose courante 7,5 à 12,5 g/10 L (soufre mouillable), renouvellement 8 à 10 jours en préventif.
Le réflexe matinal du maraîcher : 3 questions chaque jour

Avant d’ouvrir le tunnel, pendant la tournée du matin, se poser systématiquement :

  • Y a-t-il de l’eau libre sur le feuillage ? (condensation, gouttelettes, eau de pied de plante) → si oui, ouverture faîtière prioritaire, pas d’intervention mécanique tant que le feuillage n’est pas sec.
  • Quelle est la pression dominante sur cette culture aujourd’hui ? Mildiou (cucurbitacée fraîche-humide, tomate après orage) ? Oïdium (tomate / aubergine en série fermée, ambiance tiède sèche) ? Botrytis (plaies fraîches d’effeuillage / récolte) ? → l’ambiance se règle en fonction.
  • Quelle météo demain et après-demain ? Si nuit fraîche à venir avec ciel dégagé → anticiper la condensation, prévoir une ouverture nocturne minimale. Si canicule annoncée → préparer la brumisation et l’effeuillage léger.

L’ambiance sous abri se pilote à la journée, pas à la saison. C’est plus exigeant qu’un raisonnement par traitements, mais c’est le seul vrai outil curatif du maraîcher bio.

Sources

Article rédigé pour l’APABA par Clotaire. Merci de nous remonter vos retours et observations terrain pour enrichir cette ressource.

Récolter au bon moment : quelques repères techniques

Pourquoi se poser la question ?

Sur les marchés deux pratiques cohabitent : récolte à l’aube sans chambre froide pour vendre dans la journée, et récolte de la veille avec passage en chambre froide. Chacune a ses défenseurs et son argument « fraîcheur ».

La question n’est pas de trancher dans l’absolu, mais de choisir la stratégie adaptée à chaque culture, à son circuit de commercialisation et à l’équipement disponible. Cet article fait le point sur ce qui change dans le légume au fil de la journée, et propose des repères concrets par famille.

Ce qui change dans le légume entre la nuit et la journée

Quatre choses évoluent en sens contraires sur 24 heures. Aucun horaire ne les optimise toutes en même temps : c’est l’origine du débat.

Le goût et les vitamines — Le légume fabrique ses sucres et sa vitamine C en journée par photosynthèse, et il en consomme une partie la nuit pour vivre. Conséquence : meilleur goût et plus de vitamines en fin d’après-midi, moins à l’aube. Les écarts mesurés en fin de journée par rapport à l’aube sont significatifs sur les feuillus (vitamine C) et sur les fruits (taux de sucres mesurés au Brix).

Les nitrates — Le légume absorbe les nitrates du sol jour et nuit, mais ne les transforme qu’à la lumière. Donc ils s’accumulent la nuit et baissent en journée. Point réglementaire à surveiller sur les feuillus (Règlement (UE) 2023/915), surtout en hiver sous abri quand la lumière manque.

La fermeté visuelle — À l’aube, le légume est gorgé d’eau, dressé, croquant. C’est ce qui fait dire « il sort de terre, c’est frais ». Dès qu’il fait chaud et sec en journée, les feuilles flétrissent : c’est immédiatement visible sur les salades, persils, coriandres, qui deviennent invendables même si tout le reste est bon.

La température du légume à la récolte — Plus le légume est chaud à la récolte, plus vite il se dégrade ensuite. C’est le paramètre le plus sous-estimé. Concrètement : ce qui tient 3 jours en chambre froide après une récolte fraîche tient à peine 1 jour si la récolte a été faite en pleine chaleur sans refroidissement immédiat.

Comparaison des pratiques courantes

PratiqueGoût / vitaminesNitratesFermetéConservationDurée de vente
Récolte 5h-7h, sans froid, vente jour mêmeFaiblesÉlevésMaximaleLimitée4-6 h max
Récolte du matin (8h-10h) + chambre froideBonsModérésBonneBonne24-72 h
Récolte du matin + rinçage à l’eau du réseau + chambre froideBonsModérésBonneTrès bonne en été24-72 h
Récolte 14h sans froidÉlevés à la récolte, chute libre ensuiteFaiblesMauvaiseTrès mauvaiseQuelques heures, pertes garanties

Le quatrième cas est à proscrire. Les trois premiers sont défendables selon le circuit.

Définir ce qu’on entend par « frais »

Le terme recouvre deux réalités différentes :

  • Fraîcheur visuelle (légume gorgé d’eau, croquant à l’œil) → récolte d’aube, valable pour vente sous 4 heures.
  • Fraîcheur nutritionnelle et durée de vie (richesse en sucres et vitamines, conservation) → récolte du matin avec chambre froide.

Un légume récolté à 9h, mis en chambre froide dans l’heure qui suit, sur l’étal à 8h le lendemain, a plus de vitamine C, moins de nitrates et tient plus longtemps qu’un légume récolté à 5h sans froid. Côté fermeté, le passage en chambre froide humide compense l’absence de récolte d’aube : la salade reste croquante.

La chaîne du froid maîtrisée n’enlève rien à la fraîcheur — elle la prolonge.

Le rinçage à l’eau du réseau : un complément efficace à la chambre froide

L’eau du réseau sort entre 10 et 14 °C selon la saison et la source. Sortie d’un puits ou forage, c’est souvent encore plus froid en été. C’est largement suffisant pour rabattre rapidement la température d’un légume récolté chaud avant qu’il n’entre en chambre froide.

L’intérêt du rinçage à l’eau du réseau, surtout l’été :

  • Refroidissement rapide : un radis botte à 25 °C douché à l’eau à 12 °C perd 10 °C en quelques minutes. La chambre froide finit ensuite le travail tranquillement, sans avoir à lutter contre une grosse masse chaude.
  • Apport d’humidité : l’eau réhydrate les feuilles flétries par la chaleur. Une salade qui ressort du rinçage est ferme et brillante.
  • Lessivage des poussières et résidus de terre : meilleure présentation.

L’eau du réseau ne remplace pas la chambre froide, elle la décharge : elle prend en charge le « gros » du refroidissement, la chambre froide tient la température dans la durée.

Points de vigilance :

  • Égouttage avant stockage (5-10 min) pour limiter les pourritures (botrytis, sclérotinia, bactérioses).
  • Pas de rinçage à l’eau froide sur tomates, poivrons, concombres, courgettes, aubergines, basilic : ces espèces craignent le froid en dessous de 10-12 °C (épiderme qui craque, pédoncule fragilisé, blocage de maturation). Pour eux, un simple stockage à l’ombre puis chambre froide tempérée suffit.
  • Renouveler l’eau régulièrement, ou la laisser couler. Pour les volumes importants, prévoir un bac avec trop-plein.

Recommandations par famille

Légumes-feuilles (salades, épinards, blettes, mâche, roquette, herbes)

  • Récolte le matin (8h-10h), suivie d’un passage en chambre froide à 4 °C, HR 90-95 %. Rinçage à l’eau du réseau en complément l’été pour rabattre la chaleur de champ avant stockage.
  • Pour vente sous 4h sans chambre froide : récolte d’aube possible (5h-7h).
  • Éviter la récolte de l’après-midi et du soir en été : au-delà de 17h, il fait encore environ 28-30 °C, la chaleur reste trop élevée et les feuilles continuent de flétrir. Le créneau du soir ne fonctionne qu’en mi-saison ou trop tard.

Cas particulier basilic : pas de rinçage à l’eau froide, pas de chambre froide < 10 °C. Stockage 12-15 °C ou température ambiante les pieds dans l’eau.

Légumes-bottes (radis, carottes fanes, navets bottes, oignons frais)

  • Récolte le matin (9h-11h), rinçage à l’eau du réseau systématique, puis chambre froide à HR > 90 %.
  • Fanes = maillon faible : si elles flétrissent, le légume entier devient moins vendable.
  • Si le bottelage doit attendre : un petit arrosage permet aux racines de ne pas sécher (et reste bien orange après lavage) et au fane de rester fraiche.

Légumes-racines de garde (carottes, betteraves, panais, céleri-rave, navets de garde)

  • Créneau horaire indifférent. Récolter quand le sol le permet (ressuyé, ni détrempé, ni gelé).
  • Priorité absolue : pas de blessures à la récolte (portes d’entrée pour les pourritures de stockage).
  • Ressuyage 24-48h à l’ombre ventilée avant mise en chambre froide à 2 °C, HR 95 %.
  • Tri rigoureux à l’entrée du stockage long.

Légumes-fruits d’été (tomates, courgettes, poivrons, aubergines, concombres)

  • Récolte le matin (9h-13h) : rosée séchée, chaleur encore acceptable, sucres accumulés.
  • Stockage tempéré obligatoire : 10-12 °C pour tomates et concombres, 7-10 °C pour courgettes, aubergines, poivrons. (en théorie)
  • Éviter la récolte 13h-16h sans capacité de refroidissement immédiate.

Cucurbitacées de garde (potirons, butternuts, courges spaghetti)

  • Récolte à maturité : pédoncule sec et liégeux, épiderme dur à l’ongle, couleur de fond établie.
  • Créneau horaire indifférent.
  • Ressuyage 1-2 semaines au soleil pour durcir l’écorce et cicatriser le pédoncule.
  • Stockage 12-15 °C, HR 60-70 %. Jamais en chambre froide à 4 °C.

Alliacées (oignons, échalotes, ail de conservation)

  • Récolte quand 50-70 % des feuilles sont couchées et jaunissantes.
  • Séchage au sec ventilé 2-4 semaines impératif avant stockage long.
  • Stockage 5 °C HR 65-70 %, ou 15-20 °C HR 60-65 %.

Tableau de synthèse — paramètres de stockage par famille

FamilleTempératureHRDurée
Salades, épinards, blettes0-4 °C90-95 %5-14 j
Herbes aromatiques (sauf basilic)2-4 °C95 %7-14 j
Basilic12-15 °C85-90 %5-7 j
Radis, carottes fanes, navets bottes0-2 °C95 %5-10 j
Carottes, betteraves, panais (garde)0-2 °C95 %3-6 mois
Tomates mûres10-12 °C85-90 %5-10 j
Courgettes, aubergines7-10 °C90-95 %7-14 j
Concombres10-12 °C95 %7-14 j
Poivrons7-10 °C90-95 %14-21 j
Courges d’hiver12-15 °C60-70 %3-8 mois
Oignons, échalotes secs0-5 °C ou 15-20 °C65-70 %5-10 mois
Ail0 °C ou 15-18 °C60-65 %6-9 mois
Pommes de terre table4-8 °C90-95 %4-8 mois

Une chambre froide unique à 4 °C convient à la majorité des productions de circuit court, à l’exception des légumes sensibles au froid (tomates, courges, concombres, basilic, poivrons) à tenir séparés.

Points de vigilance pratiques

  • Empilement des cagettes : laisser de la ventilation entre les rangs. Une cagette pleine entourée d’autres cagettes pleines met plusieurs heures à refroidir à cœur, même en chambre froide.
  • Pertes invisibles sur marché long : les invendus de fin de marché (sur étal au soleil de 8h à 13h en été) représentent une perte significative rarement comptabilisée dans le prix de revient. À intégrer dans le calcul de rentabilité.

Pour aller plus loin

  • USDA Agriculture Handbook 66 — The Commercial Storage of Fruits, Vegetables, and Florist and Nursery Stocks (référence internationale de la post-récolte, accessible en ligne).
  • Ctifl — Guide de la récolte et de la préparation des légumes.
  • INRAE — Travaux sur la physiologie post-récolte.
  • Règlement (UE) 2023/915 — teneurs maximales pour les contaminants dans les denrées alimentaires (dont nitrates dans les légumes-feuilles), en vigueur depuis le 25 mai 2023 (abroge le règlement (CE) 1881/2006 et ses modifications successives).

Article rédigé pour l’APABA par Clotaire. Merci de nous remonter vos retours et observations terrain pour enrichir cette ressource.

PBI en maraîchage bio

Pourquoi parler de Protection Biologique Intégrée maintenant

Les cultures sous abris (tomate, aubergine, concombre, poivron, courgette, fraise, laitue) démarrent en avril-mai. C’est exactement la fenêtre où la PBI donne son meilleur rendement : les ravageurs ne sont pas encore installés en foyers massifs, et un lâcher préventif coûte 5 à 10 fois moins cher qu’un curatif une fois les colonies en place. En bio, sans solutions de synthèse, la PBI n’est pas une option parmi d’autres : c’est le levier de protection des cultures sous abris. Mieux vaut s’y préparer maintenant que d’improviser quand les pucerons sont déjà sur les feuilles.

Le triptyque à respecter

La réussite d’un lâcher tient à trois choses :

  • Observer — passer dans chaque serre au moins une fois par semaine, identifier les premiers individus de ravageurs (face inférieure des feuilles, jeunes pousses, fleurs).
  • Choisir le bon auxiliaire selon le ravageur cible (voir paires ci-dessous).
  • Respecter les conditions techniques de lâcher — chaque auxiliaire a sa température optimale, son hygrométrie, son moment de la journée.

Les auxiliaires sont des êtres vivants : à lâcher dans les 1 à 2 jours après réception, à conserver entre 6 et 15 °C selon les espèces, à l’obscurité, flacon à l’horizontale. Manipuler les sachets avec précaution, ne pas écraser, ne pas toucher les insectes.

5 paires ravageurs → auxiliaires prioritaires pour avril

Le détail complet (modes d’action, conservation, doses précises) est dans l’annexe PBI du Bulletin technique Légumes Bio Occitanie Ouest d’avril 2026 (lien en fin d’article). Ci-dessous une lecture rapide pour démarrer.

Acariens jaunes et rouges (Tetranychus urticae et apparentés)
  • Auxiliaire de référence : Phytoseiulus persimilis (acarien prédateur)
  • Quand : dès apparition des premiers acariens sur le feuillage
  • Conditions : T° 20–25 °C, hygrométrie > 70 % (brumisation utile), inefficace au-dessus de 30 °C
  • Doses : préventif 2 ind/m² ; faible attaque 5 ind/m² ; forte attaque 20–50 ind/m², à renouveler tous les 8–15 jours
  • À éviter : ne pas utiliser Neoseiulus californicus sur tomates (les trichomes des feuilles bloquent sa mobilité)
Aleurodes (mouches blanches : Trialeurodes vaporariorum, Bemisia tabaci)
  • Auxiliaires de référence : Encarsia formosa + Eretmocerus eremicus (souvent en mélange, micro-hyménoptères parasitoïdes)
  • Quand : dès l’observation des premiers individus, ou en préventif après plantation
  • Conditions : T° moyenne > 18 °C, supportent mal > 30 °C
  • Doses : 2 à 3 lâchers tous les 8 jours pendant 2-3 semaines après plantation, puis 1/mois
  • Indicateur de réussite : larves d’aleurodes parasitées qui deviennent noires (Encarsia) ou jaunes (Eretmocerus)
Petits pucerons (Aphis gossypii, Aphis fabae, Myzus persicae)
  • Auxiliaire de référence : Aphidius colemani (micro-hyménoptère parasitoïde)
  • Quand : dès apparition, ou préventif en début de culture
  • Conditions : T° optimale 20–25 °C, perte d’efficacité < 20 °C ou > 30 °C
  • Doses : préventif 0,5 ind/m² ; faible attaque 0,5–1 ind/m² ; renforcement 2 ind/m² ; tous les 8–15 jours
  • Indicateur : premières momies dorées 10–15 jours après introduction
Gros pucerons (Macrosiphum euphorbiae, Aulacorthum solani)
  • Auxiliaire de référence : Aphidius ervi
  • Conditions et doses : similaires à A. colemani (souvent vendu en mélange)
  • À combiner avec Aphidoletes aphidimyza (cécidomyie prédatrice) en appoint sur foyers, et Chrysoperla carnea en cas d’attaque massive
Thrips
  • Auxiliaires de référence : Orius laevigatus (punaise prédatrice, à partir de la floraison car a besoin de pollen) + Neoseiulus cucumeris (acarien prédateur)
  • Conditions : T° optimale > 20 °C, humidité > 60 %
  • Doses : Orius préventif 0,5 sachet/m² ou 25 ind/m², curatif 100 ind/m² ; Neoseiulus cucumeris préventif 50 ind/m², curatif 100 ind/m²
  • À éviter : N. cucumeris sur tomates (trichomes)
Tableau de synthèse — paires ravageur / auxiliaire
Ravageur Auxiliaire principal Conditions clés Dose préventive
Acariens jaunes / rouges Phytoseiulus persimilis T° 20–25 °C, H° > 70 % 2 ind/m²
Aleurodes Encarsia formosa + Eretmocerus eremicus T° > 18 °C 2-3 lâchers tous les 8 j
Petits pucerons Aphidius colemani T° 20–25 °C 0,5 ind/m²
Gros pucerons Aphidius ervi T° 20–25 °C 0,5 ind/m²
Thrips Orius laevigatus + Neoseiulus cucumeris T° > 20 °C, H° > 60 % Orius 0,5 sachet/m²
Polyphage (cumul ravageurs) Macrolophus pygmaeus T° 15–25 °C, lâcher 8–10 sem avant pression 1-2 adultes/m² + 10-20 larves/m²

Source : Annexe PBI du BT Légumes Bio Occitanie Ouest, avril 2026  

Pour les cultures à problèmes multiples

Si la même serre subit acariens + aleurodes + pucerons, Macrolophus pygmaeus (punaise prédatrice polyphage) est l’auxiliaire « couteau suisse » : prédate œufs, larves, pupes d’aleurodes, plus acariens, thrips, pucerons.

  • Installation longue (8 à 10 semaines), à anticiper donc dès la pépinière.
  • Bien adapté aux tomates.
  • Prévoir un complément alimentaire en œufs d’Ephestia au démarrage.
  • Pas d’effeuillage agressif juste après le lâcher (perte des auxiliaires).
  • Après tout effeuillage, laisser les feuilles tombées au sol 1-2 jours pour permettre la migration des macrolophus vers les nouvelles feuilles.
Points de vigilance pratiques
  • Conservation rapide : 1-2 jours max avant lâcher, entre 6 et 15 °C selon espèce, à l’obscurité.
  • Brumisation utile pour la plupart des auxiliaires (acariens prédateurs notamment) — coupler PBI et conduite climatique.
  • Présence de fourmis = problème : elles protègent les pucerons des coccinelles. Traiter les fourmilières en bordure de serres.
  • Forte chaleur estivale (> 30 °C) : adapter le calendrier, la plupart des auxiliaires deviennent inefficaces — privilégier Aphelinus abdominalis sur pucerons (résiste mieux), Amblyseius swirski sur acariens et thrips.
Fournisseurs et ressources Aveyron / Occitanie

Liste de fournisseurs/distributeurs d’auxiliaires accessibles depuis l’Aveyron (Koppert, Biobest, Andermatt France, distributeurs régionaux).

Retour d’expérience adhérent

La ferme de Biotenga se font accompagner tous les ans par Célia de Biobest, ils sont très content des résultats pour un coût annuel assez faible.

Pour aller plus loin

Article rédigé pour l’APABA par Clotaire. Merci de nous remonter vos retours et observations terrain pour enrichir cette ressource.

Quel outil numérique pour vendre vos produits en circuit court ?

Boutique en ligne, AMAP, drive fermier, vente aux professionnels… les solutions numériques pour vendre en direct se multiplient et il n’est pas toujours facile de s’y retrouver.

Ce guide comparatif, réalisé par le réseau FRAB AuRA et la FNAB, passe en revue 9 outils concrets — Kuupanda, Socleo, local.bio, NectarGo, La Ruche qui dit Oui !, Locavor, AmapJ, Cagette et CoopCircuits — pour vous aider à choisir celui qui correspond vraiment à votre situation.

Pour chaque outil, vous trouverez :

  • son fonctionnement et ses fonctionnalités clés
  • son coût réel (abonnement, commission, frais cachés…)
  • ses modalités de paiement et de livraison
  • l’accompagnement proposé pour la prise en main

Que vous souhaitiez gérer vos ventes en toute autonomie, vous appuyer sur un réseau de distribution existant, ou vendre en collectif avec d’autres producteurs, ce guide vous donne toutes les clés pour faire le bon choix — et potentiellement gagner plusieurs heures par semaine sur votre gestion commerciale.

Outil de calcul : plan de fertilisation en maraichage

Comment utiliser l’outil de fertilisation

Cet outil permet d’estimer les apports d’engrais en fonction de la culture et des caractéristiques de votre fertilisation organique.
Retrouvez l’outil [ici]

Choix de la culture
Sélectionnez la culture concernée ou choisissez « valeur personnalisée » si vous souhaitez saisir directement vos besoins NPK (kg/ha).

Surface cultivée
Renseignez la surface de la zone cultivée.
Si votre système est en planche + passe-pied, saisissez uniquement la surface réellement plantée.

Intrant principal
Il s’agit de la source principale d’azote (ex : fumier, compost, engrais organique bouchon…).
Renseignez la formulation NPK de l’intrant.
Cet intrant sert à couvrir prioritairement le besoin en azote (N).

Intrant secondaire
Il complète l’apport en potassium (K) si nécessaire.
On peut utiliser par exemple patenkali, korn-kali, sulfate de potassium…
Saisissez la teneur correspondante (ex : 0-0-30).

Cliquez ensuite sur Calculer.
L’outil indique la quantité d’intrant 1 et d’intrant 2 à apporter sur la surface renseignée.

Exemple – Tomate 200 m²

Besoins de la culture :
330 N – 160 P – 680 K (kg/ha)
Soit pour 200 m² :
6,6 N – 3,2 P – 13,6 K (kg/ha)

Paramètres utilisés :
Intrant 1 : engrais bouchon fiente de poule 4-3-3
Intrant 2 : patenkali 30 % K (0-0-30)

Résultat du calcul pour 200 m² de tomate :

  • Intrant 1 : 165 kg d’engrais 4-3-3
  • Intrant 2 : 28,8 kg de patenkali à 30 %

Cet outil constitue une aide à la décision et doit être utilisé en complément d’une analyse de sol et du suivi de la culture.

MagTech 2025 : Le magazine technique de l’APABA

Retrouvez un résumé des articles du MagTech , le magazine technique de l’APABA 2025, à consulter [ici].

Elevage : Autonomie des fermes en Azote – la clef se trouve dans vos fumiers

Le procédé Walter Witte est un compostage anaérobie à froid (moins de 50°C) qui limite drastiquement les pertes de carbone et d’azote par rapport au fumier classique. En tassant le tas comme un silo d’ensilage et en ajoutant des bactéries lactiques, l’agriculteur préserve la valeur fertilisante de ses effluents. Les essais en Aveyron montrent que ce compost est deux fois plus riche en nutriments (Azote, Phosphore, Potassium) qu’un fumier témoin. Cette technique favorise la santé des sols (RedOx) et réduit les besoins en engrais extérieurs coûteux. Le principal défi reste l’accès à la ressource bois (BRF, plaquettes) nécessaire au mélange.

Filière élevage : Installer des maraîchers sur des fermes d’élevage – un potentiel à explorer

L’installation de maraîchers sur des exploitations d’élevage existantes crée de fortes synergies agroécologiques, comme l’accès direct au fumier et au matériel de culture. Cette diversification sécurise l’installation de nouveaux agriculteurs en limitant les investissements initiaux lourds. Pour les éleveurs, c’est une opportunité de valoriser des terres peu exploitées et de diversifier leurs revenus. Les témoignages soulignent l’importance de sécuriser le foncier par bail et de bien définir les responsabilités de chacun dès le départ. L’entraide humaine lors des pics de travail renforce également la dynamique sociale locale.

Maraîchage : Les bandes fleuries en maraîchage biologique

L’APABA expérimente l’implantation de bandes fleuries pour lutter naturellement contre les ravageurs, notamment les pucerons en maraîchage bio. Ces zones servent de refuges et de sources de nourriture pour les auxiliaires tels que les syrphes, les coccinelles et les chrysopes. Des espèces comme le Souci, l’Achillée ou l’Alysse sont recommandées pour leur floraison précoce ou longue. Le choix des plantes est important pour garantir une bonne implantation. Cette stratégie favorise une biodiversité fonctionnelle qui réduit la dépendance aux traitements, même biologiques.

Viticulture : Adapter ses pratiques en viticulture en année chaude

L’article sur la viticulture souligne la nécessité d’adapter les pratiques lors des années particulièrement chaudes pour préserver la qualité des vins. Les techniciens recommandent des ajustements techniques pour limiter le stress hydrique et protéger les grappes d’une exposition excessive au soleil. La gestion de l’enherbement et le travail du sol deviennent des leviers cruciaux pour réguler l’évapotranspiration. Ces mesures permettent de maintenir l’équilibre sucre-acidité indispensable à la typicité des terroirs aveyronnais. L’accompagnement technique est ici essentiel pour anticiper les aléas climatiques de plus en plus fréquents.

Commercialisation : Les circuits courts : L’offre et la demande en Aveyron

L’offre et la demande en circuits courts font l’objet d’une analyse pour optimiser la commercialisation locale. L’étude identifie un besoin croissant en produits maraîchers frais, notamment pour approvisionner la restauration hors domicile (RHD). Les circuits de proximité permettent de capter une meilleure valeur ajoutée tout en renforçant le lien entre producteurs et consommateurs aveyronnais. Cependant, la logistique et la régularité de l’offre restent des défis majeurs pour structurer durablement ces filières. La coopération entre fermes apparaît comme une solution pour mutualiser les outils de vente et de livraison.

Arboriculture : La mirabelle, un fruit doré et sucré
La mirabelle est un fruit emblématique qui trouve toute sa place dans la diversification des fermes de l’Aveyron. Sa culture demande une attention particulière à la pollinisation et au choix des variétés pour garantir une récolte sucrée et abondante. En tant que “fruit doré”, elle représente une opportunité intéressante pour la vente directe ou la transformation locale. Le Mag Tech de l’APABA souligne l’intérêt de cette production pour enrichir la diversité des ateliers de la ferme. Elle s’intègre parfaitement dans une stratégie de résilience face aux aléas climatiques grâce à sa robustesse.

Mercuriale Occitanie

La Mercuriale Occitanie offre aux maraîchers de la région un relevé de prix mensuel fiable pour les fruits et légumes, segmenté par canal de vente : Vente directe, Demi-gros et Magasin.

Pourquoi participer ?

Rejoindre cette action, c’est accéder à une vision claire du marché pour mieux positionner vos produits. En contribuant, vous débloquez des outils d’analyse exclusifs, notamment des graphiques comparatifs (voir exemple ci-dessous) pour situer vos prix de vente par rapport aux moyennes départementales et régionales.

Comment ça marche ? C’est simple et rapide.

Nous savons que votre temps est précieux. Le dispositif a été conçu pour être le moins chronophage possible :

  • Un rappel mensuel : Vous recevez un mail de saisie en début de chaque mois.
  • Une interface intuitive : La saisie se fait en quelques clics, directement depuis votre smartphone, aux champs ou au batiment.
  • Un retour direct : Les résultats consolidés sont publiés chaque mois dans la newsletter.

Plus nous sommes nombreux à participer, plus les données sont précises et utiles pour l’ensemble de la filière bio et locale.

Prêt à rejoindre le réseau ?

Pour participer à cette action et commencer à comparer vos données, contactez moi directement par mail.

Voici un exemple du comparatif des prix :

Variétés tomates résistantes cladosporiose (2026)

Introduction : la cladosporiose, un enjeu majeur sous abris

La cladosporiose (Passalora fulva, races Pf A–E) est l’une des principales maladies foliaires de la tomate sous abris. Elle se développe en atmosphère humide (hygrométrie > 85 %), notamment lors des nuits froides ou en serre mal ventilée.
Elle provoque des taches olivâtres sur le revers des feuilles, entraînant défoliation, baisse de rendement et sensibilité accrue aux coups de soleil et au botrytis.
Plus d’informations sur la maladie sur ephytia.fr

La prophylaxie (aération, densité maîtrisée, irrigation au sol) reste indispensable, mais le choix variétal avec tolérance Pf A–E est désormais le levier prioritaire en AB — d’autant plus que les solutions fongicides utilisables sont limitées.

Choisir ses variétés de tomates sous abris

L’objectif : sécuriser le rendement avec des variétés F1 productives, robustes, et tolérantes cladosporiose, tout en tenant compte des résistances complémentaires (TSWV, TYLC, ToBRFV, For, Fol…). Toutes les variétés ci dessous sont disponible en bio (variétés NT dans le pdf), aucune variété population n’a de résistance à la cladosporiose.

Tomates rondes (récolte en vrac)

Célesteen (Clause)

  • Tolérances : Clado Pf A–E, TSWV, Fol 0/1, Va/Vd, For, nématodes
  • Atouts : forte vigueur, rendement élevé
  • Points de vigilance : calibre parfois excessif, nouaison irrégulière
    → Une valeur sûre en AB.

Gloriette (Rijk Zwaan)

  • Tolérances : Clado Pf A–E, Fol 0/1, Va/Vd
  • Atouts : très bon tri, peu de 2nd choix
  • Défauts : non tolérante TSWV, perte de calibre l’été
    → Très propre en récolte, parfaite en circuits spécialisés.
Tomates  rondes (récolte en grappes)

Kalixo (Gautier)

  • Tolérances : Clado Pf A–E, Fol 0–1, Va/Vd
  • Atouts : excellente vigueur, rendement élevé
  • Défauts : non tolérante TSWV
    → Référence en grappes, stable et robuste.

Rougella (Rijk Zwaan)

  • Tolérances : Clado Pf A–E
  • Atouts : qualité gustative supérieure
  • Défauts : non TSWV
    → Idéale pour marché local haut de gamme.
Tomates allongées (type roma)

Myriade (Gautier)

  • Tolérances : Clado, nématodes
  • Limite : non TSWV
    → Productive, fiable pour saison printemps-début été.
Diversifiées : cœur de bœuf rouge (variétés F1)

Diamandia (Clause)

  • Tolérances : Clado, mildiou (Pi), Verticilliose, Fol
  • Atouts : bons calibres, peu de collet jaune
    → Un des meilleurs compromis robustesse/qualité en cœur de bœuf rouge.

Dossimo (Clause)

  • Tolérances : Clado + TSWV
    → Gros intérêt dans les secteurs à pression Thrips/TSWV.
Diversifiées : Côtelée rouge (variétés F1)

Kardinata Rouge Marmande – E396 (Enza Vitalis)

  • Tolérances : Clado, ToBRFV, Fol
    → Référence en côtelée rouge moderne avec protection ToBRFV.
Diversifiées : Côtelée noir (variétés F1)

Marnouar (Gautier)

  • Tolérances : Clado, ToBRFV, TmV -V – Fol – Fr
    → Bon rendement et calibre, bonne tolérance clado, qualités gustative < Marnero (non resistante Clado).

Oragio Noires de Crimée – E407 (Enza Vitalis)

  • Tolérances : Clado + ToBRFV
    → Très robuste en conditions difficiles, calibre élevé.
Diversifiées : Côtelée jaunes (Ananas) (variétés F1)

Delisun (Clause)

  • Tolérances : Clado Pf A–E, TSWV, mildiou (Pi), Fol, Verticilliose
  • Atouts : bon rendement, calibre régulier, peu de fentes
  • Vigilance : qualité gustative moyenne, sensibilité nécrose apicale

Margold (Gautier)

  • Tolérances : Clado Pf A–E
  • Atouts : excellente qualité gustative, beau calibre
  • Vigilance : fruits fragiles, rendement modéré
Tableau de synthèse – Variétés sous abris (résistantes cladosporiose)
Type Variété Résistances clés Atouts
Rond vrac Célesteen (Clause) Clado Pf A–E, TSWV, Fol, Va/Vd, For Productive, robuste
Rond vrac Gloriette (RZ) Clado Pf A–E, Fol, Va/Vd Beau tri, calibre régulier
Grappes Kalixo (Gautier) Clado Pf A–E, Fol, Va/Vd Vigueur, rendement
Grappes Rougella (RZ) Clado Pf A–E Goût supérieur
Allongée Myriade (Gautier) Clado, nématodes Productive, fiable
Cœur BF rouge Diamandia (Clause) Clado, Pi, Fol, Verticilliose Calibre, régularité
Cœur BF rouge Dossimo (Clause) Clado, TSWV Sécurité virus
Côtelée rouge Kardinata – E396 (Enza Vitalis) Clado, ToBRFV, Fol Très vigoureuse
Côtelée noire Marnouar (Gautier) Clado, Fol, Verticilliose Calibre + rendement
Côtelée noire Oragio – E407 (Enza Vitalis) Clado, ToBRFV Gros calibre, robuste
Côtelée jaune Delisun (Clause) Clado, TSWV, Pi, Fol, Verticilliose Bons rendements, beau calibre
Côtelée jaune Margold (Gautier) Clado Très bonne qualité gustative

Source : RefBio PACA, pages 7–9

 

Les variétés de tomates pour le plein champ

En plein champ, la pression cladosporiose est faible, mais les contraintes sont :

  • TSWV, mildiou (selon années), coups de soleil, fentes.
  • Fruits buissonnants déterminés → recherche de rusticité.

Les références recommandées (GRAB + APREL) sont :
Galadiant (Voltz)

  • Tolérances : mildiou (Pi), TSWV, Fol 1–3, Va/Vd
  • Atouts : calibre et qualité supérieurs
    → La plus sécurisante pour l’AB.

Morane (Gautier)

  • Tolérances : TSWV
  • Atouts : très bon rendement
    → Standard robuste en climat méditerranéen.

Tribeca (Vilmorin, NT)

  • Tolérances : TSWV
    → Compromis rendement/précocité.

Bravence (Clause, NT)

  • Tolérances : TSWV, TYLC
    → Intérêt dans zones à forte pression TYLC.
Tableau de synthèse – Variétés plein champ
Variété Port Résistances clés Atouts agro
Galadiant Déterminé Pi, TSWV, Fol 1–3, Va/Vd Très sécurisante AB
Morane Déterminé TSWV Rendement fort
Tribeca (NT) Déterminé TSWV Précocité
Bravence (NT) Déterminé TSWV, TYLC Robustesse virus

Source : RefBio PACA, page 10

Retrouvez plus d’informations dans le PDF du GRAB.

Points techniques clés sur la pomme de terre

Pomme de terre : points techniques clés présentés par Fadi El Hage (Arvalis)

Avec le groupe DEPHY, 3 rencontres techniques sont organisées en visio avec Arvalis sur différents sujets :

  • Mardi 4 novembre : variétés – types – comportement mildiou & taupin – conduite
  • Mardi 2 décembre : fertilisation, irrigation, gestion des adventices
  • Mardi 10 février : gestion des biogresseurs (dont mildiou / alternaria / rhizoctonia et taupin)

Voici un récapitulatif de ce qui a été dit dans la première intervention, je mettrais à jour cette article après chaque visio.

Structure du sol et implantation
  • 25 % d’argile n’est pas un problème pour la culture de la pomme de terre : aucune baisse de rendement observée.
  • Les températures fraîches favorise une bonne tubérisation.
  • Lorsque c’est possible, planter tôt (février) permet d’éviter les coups de chaud estivaux et de sécuriser la tubérisation.
Densité de plantation
  • Une forte densité produit des tubercules plus petits.
  • Même en primeur, il est inutile de dépasser 4–5 plants/m² (calibre 28-50) :
    → aucune amélioration significative du rendement
Pressions sanitaires
Virus Y & galle commune
  • Ces problématiques sont en augmentation sur le territoire.
Mildiou
  • Lorsque la tache est sporulante (halo blanchâtre), les pluies font tomber les spores sur les tubercules.
  • Le mildiou ne passe pas par la plante : la contamination du tubercule nécessite un contact direct.
  • Bien protéger les tubercules (buttage, couverture suffisante).
  • Attention aux tas de déchets, principal foyer de redémarrage du mildiou.
Variétés conseillées
Primeurs sous abri
  • Aubaine, Chanelle, Twinner, Twister, Maïwen, Montréal
Résistantes aux coups de chaud
  • Colomba (très sensible au mildiou, non adaptée pour la fritabilité)
  • Auriera, Attila, Aubaine, Cheyenne, Ysalis

→ Note : Colomba a besoin d’être beaucoup irrigué, jusqu’à 30 à 40 mm/semaine selon l’ETP.

Gestion des taupins
  • Éviter les variétés Mintou, Mona Lisa, Anna Rosa en cas de pression taupin.
  • Éviter les précédents blé, fortement favorables aux taupins (voir graphique).
Conservation et qualité de fritabilité
  • Pour conserver les qualités de friture, stocker entre 6 et 9 °C.
  • Une conservation à 4 °C pendant un mois entraîne l’accumulation de sucres :
    → coloration excessive,
    → perte de croustillant.
  • Des chutes brutales de température au champ (variations de 15 °C) favorisent aussi la sucration.
  • Après récolte, pratiquer un palier de refroidissement progressif avant l’entrée en chambre froide.

Récolter, stocker, charger : comment limiter les ports de charge ?

Chargement et déchargement des légumes

Le maraîchage est un métier très physique : un légume peut être porté 6 à 10 fois entre la récolte et la vente (récolte → mise en caisse → déplacement au point de collecte → lavage → re-mise en caisse → stockage → chargement du véhicule → déchargement).
Pour donner un exemple : une production de 18 tonnes de légumes à 2.5 UTH peut vous faire porter entre 43 et 72 tonnes de légumes chacun et par saison !
Optimiser ces flux réduit la fatigue, les troubles musculo-squelettiques et améliore la productivité.

Exemple de chargement de camion en maraîchage biologique.

Organisation des caisses de récolte

La gestion des caisses doit être pensée pour minimiser les manutentions :

  • limiter les transferts caisse → table → autre caisse ;
  • travailler uniquement avec caisses empilables et homogènes ;
  • prévoir des zones dédiées : récolte, lavage, stockage, préparation de commande.

Les gains sont immédiats : moins de port de charge, moins d’allers-retours, plus de régularité dans les flux.

L’importance du bâtiment maraîcher

Le bâtiment maraîcher est le cœur logistique d’une ferme : stockage, lavage, tri, conditionnement et préparation des commandes.
Un bâtiment pensé pour le flux continu (“marche en avant”) permet de garder une bonne circulation des légumes, moins de manutention et donc une économie de temps et d’énergie.

Même avec un budget limité, il est possible de réaménager progressivement un bâti existant, en gardant deux principes :

  • Limiter les manutentions et rationaliser les déplacements.

Chaque poste doit être évalué : surface nécessaire, ergonomie, hauteur de travail, circulation des caisses.

Bâtiment de stockage
Aire bétonnée

Une aire bétonnée facilite le passage du transpalette ou du diable et le déplacement des palettes jusqu’au véhicule.
Un quai de chargement améliore encore l’efficacité, mais son coût peut être élevé.

Palettes et palox
  • privilégier des palox de petite taille et des palettes uniformes,
  • éviter les piles de plus d’un mètre pour garantir la ventilation,
  • organiser des zones définies : entrée légumes, sortie commandes.
Alternative au quai : la rampe de chargement

Lorsque la construction d’un quai n’est pas envisageable, la rampe de chargement mobile est une excellente alternative.
Avantages :

  • faible investissement,
  • utilisable aussi bien pour les livraisons que pour les marchés,
  • compatible avec diables.

Une rampe longue est plus encombrante et plus difficile à manipuler, mais elle offre une pente plus douce, ce qui facilite grandement les chargements.

Circulation des caisses : diable + mini-palette

L’association diable + mini-palette est l’un des systèmes les plus efficaces pour petites fermes :

  • les légumes sont posés sur mini-palette dès la sortie du lavage,
  • le diable assure le transport direct vers la chambre froide,
  • la même mini-palette est reprise pour le chargement du camion,
  • aucune recaisse ou manipulation intermédiaire.

Résultat : Diminution du nombre de ports, diminution du temps passé en manutention et réduction des risques de blessures (dos, épaules, poignets).

Retrouvez un document de 2018 “Ergonomie à la Ferme” de l’Atelier Paysan ci contre.
Retrouvez également une vidéo des Jardins de la Valette sur le chargement et déchargement avec le diable au marché.