Blanchir les cultures en plein champ

Blanchir les cultures en plein champ contre les coups de soleil

Les vagues de chaleur estivales exposent les légumes-fruits de plein champ (tomate, poivron, aubergine, melon, courge, concombre) à l’échaudage et aux coups de soleil. Une réponse mobilisable en agriculture biologique consiste à pulvériser sur la culture un film minéral blanc qui réfléchit une partie du rayonnement et abaisse la température du fruit et de la feuille de quelques degrés. Cet article fait le point sur les produits utilisables, les doses, les conditions d’application et les limites.

Pied de tomate recouvert d'un film blanc de kaolin après pulvérisation
Application de kaolin sur un pied de tomate. Source : Kabal, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Comment agit un film minéral réfléchissant

Un film minéral blanc déposé sur la plante et les fruits réfléchit une partie du rayonnement incident, notamment dans l’ultraviolet et l’infrarouge. Trois effets sont recherchés. Abaissement de la température du fruit et de la feuille. Sur tomate de plein champ, des essais menés par le fabricant de Surround (kaolinite calcinée) mesurent une baisse de la température foliaire de l’ordre de 5 °C (9 °F) lorsque les températures dépassaient régulièrement 32 à 35 °C. Sur cultures pérennes, le rafraîchissement du couvert est annoncé entre 5 et 8 °C. Cet écart suffit à ramener l’organe sous le seuil critique où apparaissent les nécroses d’échaudage. Limitation des coups de soleil et de la photo-inhibition. En réduisant la part de rayonnement absorbée, le film protège l’épiderme des fruits exposés (faces sud et ouest, fruits déshabillés par un effeuillage) et limite le blocage transitoire de la photosynthèse observé sous très fort éclairement et forte chaleur. Sur tomate, les essais Surround font état d’une réduction des dégâts de coup de soleil de l’ordre de 70 % et d’un gain de rendement modéré (autour de 6 à 7 % en application sur toute la saison). Effet barrière et répulsif contre certains ravageurs. Le dépôt minéral gêne la prise alimentaire et la ponte de plusieurs insectes (effet décrit historiquement en arboriculture contre le psylle, et utilisé comme barrière physique). Cet effet est secondaire dans un usage anti-chaleur, mais il peut s’y ajouter. Le rayonnement réfléchi ne pénétrant pas le fruit, on limite aussi le stress hydrique en réduisant la charge thermique que la plante doit dissiper par transpiration. À l’inverse, un film trop épais réduit la lumière utile : l’enjeu est de couvrir suffisamment pour réfléchir sans étouffer la culture.

Distinguer film sur la culture et blanchiment de l’abri

Cet article traite la pulvérisation d’un film minéral directement sur les plantes et les fruits de plein champ. Le blanchiment du plastique des serres et tunnels (badigeon appliqué sur la couverture de l’abri, et non sur la plante) relève d’une autre logique et fait l’objet d’un article dédié : Ombrage des abris. Les produits employés (carbonate de calcium, kaolin) sont voisins, mais les doses, le matériel et le retrait en fin de saison diffèrent.

Les produits utilisables en AB

Deux familles de minéraux blancs sont couramment utilisées, toutes deux compatibles avec le cahier des charges de l’agriculture biologique.

Kaolinite calcinée (argile blanche)

La référence est Surround WP, composé à environ 95 % de kaolinite calcinée, formulé en poudre mouillable. C’est le produit le plus documenté pour la protection contre les coups de soleil et le stress thermique sur cultures fruitières et légumières (tomate, concombre, melon, courge). La kaolinite calcinée forme un film blanc fin et adhérent qui réfléchit UV et infrarouges sans, selon le fabricant, inhiber l’absorption du CO₂ par les feuilles. En France, la pulvérisation d’argile blanche calcinée est autorisée en AB et déjà pratiquée en arboriculture comme barrière physique. La disponibilité commerciale et le statut réglementaire précis pour un usage « anti-coup de soleil » sur légumes varient : vérifier l’homologation et l’usage exact en vigueur sur le site officiel des produits phytopharmaceutiques avant emploi.

Carbonate de calcium / calcaire

La référence est Sokalciarbo WP (Société Kaolinière Armoricaine, n° d’homologation 2100038, homologué par l’Anses), une poudre mouillable à base de carbonate de calcium et de kaolin. Le GRAB l’utilise depuis 2011 pour le blanchiment de ses tunnels. Le carbonate de calcium est plus économique que les produits commerciaux spécifiques (de l’ordre de 1,60 €/kg). Historiquement utilisé pour blanchir les abris, il peut aussi servir de film réfléchissant ; sa rémanence sur la plante est cependant plus faible que celle de la kaolinite calcinée, ce qui impose des renouvellements plus fréquents.

Produits commerciaux spécifiques pour abris

Pour mémoire, il existe des produits à base de carbonate de calcium et de résine acrylique (Redusol, EclipseLD, Ombraflex, Climalux, Parasoline…) et des produits photosélectifs (type Transpar, Reduheat) qui réduisent la température sans réduire la photosynthèse, mais plus chers (environ 8 €/kg) et conçus pour la couverture des abris, pas pour une pulvérisation sur la culture en plein champ. Ils sortent du périmètre de cet article.

Doses, fréquence et conditions d’application
Doses indicatives

Les repères de dose proviennent surtout de l’usage en blanchiment et en arboriculture, à transposer avec prudence à la pulvérisation sur légumes de plein champ.

  • Kaolinite calcinée (Surround WP) : concentration de l’ordre de 3 à 5 % dans l’eau pour un film sur culture ; en arboriculture, la concentration est plafonnée autour de 3 ‰ par passage avec renouvellements. Sur tomate de plein champ, des essais rapportent un effet dès une pulvérisation à 5 %.
  • Carbonate de calcium (Sokalciarbo WP), repères blanchiment : 5 % en deux applications (200 kg/ha) ou 8 % en une application (160 kg/ha), pour un volume de 2 000 L/ha. Coût indicatif 256 à 320 €/ha selon le scénario.
Fréquence et renouvellement

Le film s’use sous l’effet de la pluie, du vent et de la croissance des organes. En pratique, 2 à 3 applications sur la saison assurent une durabilité suffisante en kaolinite. Renouveler dès que des zones de fruit redeviennent nues, et systématiquement après une pluie ou une irrigation par aspersion qui lessive le dépôt. L’irrigation au goutte-à-goutte, qui ne mouille pas le feuillage, ne dégrade pas le film.

Conditions et matériel
  • Pulvériser sur plantes sèches, par vent faible, pour un dépôt homogène.
  • Viser une bonne couverture des fruits exposés : contrôler visuellement le film blanc et ajuster le réglage jusqu’à couvrir les faces sud et ouest.
  • Agiter en continu la bouillie pendant tout le traitement pour éviter la sédimentation et le bouchage des buses.
  • Préférer des buses céramique (plus résistantes à l’abrasion de la poudre) et une pression de travail modérée (inférieure à 10 bars). Une pompe adaptée aux argiles limite l’usure.
  • Anticiper : commencer les applications avant l’épisode de chaleur annoncé, puis enchaîner les passages, plutôt que de traiter une culture déjà échaudée.
Cultures concernées et moment d’application

Les légumes-fruits de plein champ à épiderme exposé sont les premiers concernés : tomate, poivron, aubergine, melon, courge, concombre, courgette. La protection vise les fruits en grossissement et en maturation, ainsi que le feuillage lors des pics d’éclairement. Le moment d’application se cale sur le calendrier de risque :

  • Sur tomate, appliquer de la nouaison à la récolte pour la protection des fruits ; intervenir aussi pendant la floraison et la nouaison précoce pour limiter le stress thermique, sachant que la nouaison est perturbée au-delà de 32 à 35 °C et que la synthèse des pigments (lycopène, carotènes) est bloquée au-delà d’environ 30 °C.
  • Cibler en priorité les parcelles et faces les plus exposées, et les cultures dont les fruits ont été déshabillés par un effeuillage récent.
  • Déclencher avant la vague de chaleur, dès l’annonce de plusieurs jours au-dessus de 32 à 35 °C.

Pour le détail des symptômes d’échaudage et des accidents physiologiques liés à la chaleur (que cet article ne redétaille pas), voir Accidents physiologiques des légumes-fruits en forte chaleur.

Limites et points d’attention
  • Dépôt blanc sur les fruits : le film reste visible à la récolte et doit être lavé avant commercialisation. Les chaînes de lavage des stations retirent l’essentiel du dépôt ; en vente directe, prévoir un rinçage. En arboriculture, on arrête les applications 15 à 40 jours avant récolte selon l’espèce pour limiter le marquage : transposer ce délai en testant le rendu sur les fruits destinés à la vente.
  • Baisse de photosynthèse si le film est trop épais : surdoser ou multiplier les passages sans usure du dépôt réduit la lumière utile. Couvrir suffisamment pour réfléchir, sans empâter la culture.
  • Bouchage de buses et sédimentation : sans agitation permanente, la poudre décante et bouche le matériel ; nettoyer le pulvérisateur après chaque chantier.
  • Effet sur les auxiliaires et pollinisateurs : toxicité directe faible sur la plupart des auxiliaires, mais des effets indirects sont rapportés sur certains acariens prédateurs (phytoséiides). Ne pas traiter pendant la floraison pour protéger les abeilles et les pollinisateurs ; le dépôt peut aussi gêner la pollinisation s’il recouvre les fleurs.
  • Coût et temps de chantier : à l’échelle d’une parcelle, compter le coût produit (de l’ordre de 1,6 €/kg pour le carbonate ; davantage pour la kaolinite calcinée formulée) plus les passages répétés. L’investissement se justifie surtout les années à canicule et sur les cultures à forte valeur.
Tableau comparatif des produits
Produit Type de minéral Cible & usage Dose indicative Effets Points d’attention
Surround WP Kaolinite calcinée (≈ 95 %) Film réfléchissant sur culture (tomate, melon, concombre, courge) ; barrière ravageurs ≈ 3 à 5 % dans l’eau ; 2 à 3 passages/saison −5 °C feuille, jusqu’à ≈ 70 % de coups de soleil en moins (essais tomate) ; sans inhibition annoncée du CO₂ Marquage des fruits (laver) ; agitation continue ; buses céramique ; pas en floraison
Sokalciarbo WP Carbonate de calcium + kaolin Blanchiment / film réfléchissant ; usage historique sur abris 5 % (2 appl., 200 kg/ha) ou 8 % (1 appl., 160 kg/ha) ; 2 000 L/ha Réflexion du rayonnement, baisse de température ; économique (≈ 1,6 €/kg) Rémanence plus faible sur plante (renouvellements plus fréquents) ; dépôt à laver
Produits carbonate + résine (Redusol, EclipseLD…) / photosélectifs (Transpar, Reduheat) Carbonate de calcium + résine acrylique Couverture des abris, hors périmètre plein champ Selon notice (badigeon sur plastique) Photosélectifs : baisse de T° sans baisse de photosynthèse Plus chers (≈ 8 €/kg pour les photosélectifs) ; retrait en automne ; pour abris

Les valeurs ci-dessus sont des repères issus d’essais et d’usages en blanchiment et en arboriculture. Les doses et délais avant récolte précis pour un usage sur légumes de plein champ doivent être confirmés sur l’étiquette du produit et son autorisation en vigueur. Pour caler la récolte au bon stade en parallèle de cette gestion de la chaleur, voir Récolter au bon moment : quelques repères techniques.

Où se procurer les produits en petite quantité

Un maraîcher cherche à acheter en sac ou bidon, pas en palette ni en big-bag de coopérative. Le tableau ci-dessous recense des points de vente proposant des conditionnements adaptés (≤ 25 kg). Il distingue deux statuts. Surround WP et Sokalciarbo WP sont des produits phytopharmaceutiques homologués (biocontrôle) : leur vente passe par un distributeur agréé et peut requérir un Certiphyto ; le prix public n’est en général pas affiché en ligne (commande après identification professionnelle, devis). Les argiles kaolin « UAB » vendues en boutique d’intrants bio sont des produits utilisables en agriculture biologique au statut différent : elles s’achètent librement, avec un prix affiché, mais ne portent pas l’AMM « insecticide » des deux précédents.

Fournisseur Produit Conditionnement Prix indicatif Accès
Germineo (distributeur agréé, Aveyron) Produits phytopharmaceutiques homologués (gamme protection des cultures), dont kaolin/Sokalciarbo sur demande Selon référence (sac) Sur devis Aveyron / en ligne
Agryco Sokalciarbo WP (carbonate de calcium + kaolin, homologué AB) Sac 25 kg Sur devis (prix après identification pro) En ligne (distributeur agréé)
De Sangosse Surround WP (kaolinite calcinée 95 %, biocontrôle AB) Sac (fabricant) Sur devis via revendeur agréé En ligne / réseau de revendeurs
Auxine Kaolin – argile kaolinite blanche UAB 2,5 kg / 25 kg ≈ 6,90 € (2,5 kg) / ≈ 59 € (25 kg) En ligne (vente libre)
La Vague Eco Kaolin – silicate d’aluminium naturel UAB 1 / 5 / 10 / 25 kg ≈ 8 € (1 kg) à ≈ 20 € (25 kg) En ligne (vente libre)

Prix indicatifs, à jour en juin 2026, hors frais de port et susceptibles de varier. Les conditionnements supérieurs (palettes, big-bags) existent chez ces distributeurs mais ne sont pas repris ici. Pour un usage homologué « anti-coup de soleil » sur légumes de plein champ, vérifier l’usage autorisé du produit sur le site E-Phy de l’Anses avant l’achat, et privilégier le distributeur agréé local (Germineo) qui peut conseiller la référence et le conditionnement adaptés.

Sources

Article rédigé pour l’APABA par Clotaire. Merci de nous remonter vos retours et observations terrain pour enrichir cette ressource.

Accidents physiologiques des légumes-fruits en forte chaleur

Accidents physiologiques des légumes-fruits en forte chaleur : les reconnaître et les limiter

En période de vague de chaleur, une part importante des défauts observés sur tomate, aubergine, poivron, concombre et courgette n’est pas d’origine parasitaire. Ce sont des accidents physiologiques, c’est-à-dire des désordres provoqués par la température, le rayonnement, le stress hydrique ou un déséquilibre de nutrition, sans intervention d’un agent pathogène. Les confondre avec une maladie conduit à des traitements inutiles et fait passer à côté du véritable levier, qui relève de la conduite de culture. Cet article décrit les principaux désordres non parasitaires liés à la chaleur, les critères pour les distinguer d’une maladie, leurs facteurs déclenchants chiffrés et les leviers correctifs. Il ne revient pas en détail sur la conduite climatique générale (ombrage, hygrométrie, taille, récolte), traitée dans des articles dédiés vers lesquels il renvoie ; ces leviers sont mentionnés ici pour leur seul effet sur les accidents.

Le principe commun : distinguer un accident d’une maladie

Trois critères permettent de rattacher un symptôme à un accident physiologique plutôt qu’à une maladie : Absence de signe de l’agent pathogène : pas de sporulation, pas de feutrage, pas de progression de type pourriture humide active. Les tissus atteints sont nécrosés ou décolorés mais restent secs et biologiquement sains. Répartition liée à l’exposition : les lésions se concentrent sur les faces exposées au soleil, sur les organes jeunes en croissance active, ou apparaissent simultanément sur de nombreux plants après un épisode climatique daté, ce qui n’est pas le mode de diffusion d’un parasite. Sensibilité variétale marquée : un même désordre peut n’apparaître que sur une variété conduite dans les mêmes conditions que ses voisines. Les tomates de type cœur de bœuf et les variétés allongées sont des repères classiques de sensibilité. Une réserve : une lésion physiologique superficielle peut être colonisée secondairement par des champignons saprophytes ou par des bactéries opportunistes (Pseudomonas spp. par exemple). La cause initiale reste l’accident ; la contamination est une conséquence.

Nécrose apicale (cul noir, blossom end rot)
Tomate atteinte de nécrose apicale : plage déprimée brun-noir sèche à l'apex du fruit, au point pistillaire
Source : Ephytia, INRAe
Symptôme distinctif

La nécrose apicale se manifeste par une zone nécrosée à l’apex du fruit, à l’extrémité opposée au pédoncule (point pistillaire). La lésion débute par une plage déprimée d’aspect translucide ou aqueux, puis évolue en nécrose sèche brun-noir. Sur courgette et concombre, elle touche l’extrémité stylaire. La localisation constante à l’apex et l’absence de pourriture molle progressive la distinguent d’une attaque de Botrytis ou de pourriture bactérienne.

Cause

Le désordre traduit un déficit en calcium dans les tissus de l’apex du fruit. Ce n’est pas, dans la majorité des cas, une carence du sol : c’est un défaut de transport du calcium vers le fruit par le xylème. Le calcium est peu mobile et n’est véhiculé que par le flux de sève brute. Toute irrégularité de l’alimentation en eau, tout stress hydrique, mais aussi un excès d’azote ou de potassium (qui entrent en concurrence avec le calcium à l’absorption) limitent son arrivée à l’apex, partie du fruit la moins bien alimentée. Un essai INRAe conduit sur 18 variétés en moyenne montre l’effet de la régularité de l’irrigation : avec une irrigation régulière mais réduite de 30 %, l’incidence atteint environ 2 fruits atteints par m², contre environ 0,1 fruit par m² en irrigation normale. C’est donc bien le déficit et l’irrégularité de l’eau, davantage que la teneur du sol en calcium, qui pilotent l’accident.

Cultures et variétés sensibles

Les tomates allongées (type Roma, San Marzano, cornue) et les gros fruits charnus sont les plus exposés, de même que le poivron. Les conduites en contenant, plus sujettes aux à-coups d’humidité, accentuent le risque.

Leviers

Régularité avant tout : irrigation fractionnée pour éviter l’alternance sec/humide. Un repère de besoin en pleine production est de 4 à 5 mm/jour, porté à 8 mm/jour par temps ensoleillé et venté. Le goutte-à-goutte garantit cette régularité mieux que des apports espacés. Faire le plein du sol dès les premières chaleurs annoncées, en s’appuyant sur la réserve utile de la parcelle pour ne pas noyer la culture. Maîtriser la fertilisation : éviter les excès d’azote et de potassium qui induisent une carence calcique relative. Retirer les fruits atteints plutôt que les laisser mûrir : ils n’évolueront plus et continuent de mobiliser de l’énergie et des nutriments. Les apports calciques foliaires ont un effet limité sur ce désordre, le calcium pénétrant mal le fruit ; la régularité de l’eau reste le levier déterminant.

Coup de soleil et échaudage des fruits (sunscald)
Tomate présentant un coup de soleil : plage décolorée blanchâtre, déprimée et parcheminée sur la face exposée
Source : Ephytia, INRAe
Symptôme distinctif

Le coup de soleil apparaît sur la face du fruit exposée au rayonnement direct, sous forme d’une plage décolorée blanchâtre à grisâtre, légèrement déprimée, à texture parcheminée. La décoloration est systématiquement blanche au départ et peut se nécroser avec le temps. La localisation stricte sur la face exposée et l’absence de progression infectieuse l’écartent d’une maladie ; la lésion peut toutefois être colonisée secondairement.

Facteurs déclenchants

L’accident est favorisé par une exposition directe et brutale des fruits, le plus souvent après un effeuillage excessif ou la disparition brutale du couvert foliaire (dégât de ravageur, défoliation). Le risque culmine lorsque le rayonnement intense se combine à des températures de fruit dépassant 35 à 38 °C. Le passage soudain d’une situation ombragée à une exposition directe (effeuillage massif en pleine vague de chaleur, retrait brusque d’un ombrage) est un déclencheur fréquent. En plein champ, les fruits sont les plus touchés ; sous abri, ce sont plutôt les brûlures de feuillage qui dominent.

Leviers

Effeuillage modéré et progressif : conserver un couvert foliaire suffisant pour ombrer les bouquets, ne jamais effeuiller massivement juste avant ou pendant un pic de chaleur. La conduite de l’effeuillage est détaillée dans La taille des cultures. Ombrage des abris : il limite les coups de soleil sur fruits (poivron notamment) en abaissant la température sous abri. Les techniques et doses sont détaillées dans Ombrage des abris. Ombrage des cultures sensibles en plein champ, en priorisant les jeunes plantations. Éviter tout retrait brutal d’ombrage en période chaude.

Coulure et blocage de nouaison à la chaleur
Coulure sur courgette : jeune fruit non fécondé jaunissant et se nécrosant à l'extrémité
Source : Ephytia, INRAe
Symptôme distinctif

La coulure se reconnaît à des bouquets ou des ébauches de fruits qui jaunissent, brunissent et chutent, alors que le feuillage reste vert et la plante vigoureuse. Le décalage entre une plante d’aspect sain et une absence de nouaison est l’indice à surveiller. Sur courgette et courges, les jeunes fruits non fécondés jaunissent à l’extrémité puis se nécrosent et se détachent.

Facteurs déclenchants chiffrés

La nouaison de la tomate est optimale pour des températures de l’ordre de 21 à 29 °C le jour et 18 à 21 °C la nuit. Au-delà, la fécondation se dégrade : Au-delà d’environ 35 °C le jour, la viabilité du pollen chute fortement ; le développement du pollen est le stade le plus sensible à la chaleur. Nuits chaudes au-dessus de 20 à 21 °C, combinées à des jours dépassant 32 °C : la nouaison, le poids des fruits et le rendement diminuent, même sur plante bien alimentée en eau. Le poivron et l’aubergine répondent à la même logique : excès thermique et nuits chaudes pénalisent la nouaison. Chez la courgette, plante monoïque dont la fleur femelle doit être pollinisée rapidement, la chaleur et la baisse d’hygrométrie dégradent la qualité du pollen et l’activité des pollinisateurs, ce qui se traduit par de la coulure. Une charge en fruits trop élevée accentue la concurrence et le phénomène.

Leviers

Abaisser la température nocturne et diurne : la conduite climatique (aération nocturne maximale, bassinages, ombrage) pour ramener la nuit sous le seuil critique et écrêter les pics diurnes est détaillée dans Guide : gérer l’hygrométrie sous abris et Ombrage des abris. Soigner les conditions de pollinisation en cucurbitacées : maintenir une hygrométrie correcte et préserver l’activité des pollinisateurs ; les bourdons restent actifs dès 8 à 10 °C et tolèrent mieux les conditions dégradées que les abeilles. Ne pas surcharger la plante en période de stress thermique.

Microfissures et éclatement des fruits (cracking, russeting)
Microfissures physiologiques (russeting) sur tomate : fines craquelures liégeuses superficielles autour de la zone pédonculaire
Source : Ephytia, INRAe
Symptôme distinctif

Deux désordres voisins sont à distinguer. Les microfissures physiologiques (ou russeting, liège) se présentent comme de nombreuses craquelures superficielles de l’épiderme, de quelques dixièmes de millimètre à un ou deux millimètres de long, concentrées autour de la zone pédonculaire, donnant un aspect liégeux. Les fentes de croissance (éclatement) sont des fissures plus profondes et plus étendues, longitudinales, radiales ou concentriques, localisées surtout dans la zone pédonculaire et parfois stylaire. L’origine mécanique (déchirure des tissus) et la localisation typique les distinguent d’une lésion parasitaire ; les blessures peuvent ensuite être colonisées.

Facteurs déclenchants

Ces accidents résultent d’à-coups de croissance et de variations brutales d’alimentation en eau et d’hygrométrie. Une croissance trop rapide, ou la reprise d’une irrigation forte après une période de restriction, gonfle brutalement le fruit dont l’épiderme ne suit pas. Le russeting est favorisé par la présence d’eau (irrigation, pluie, rosée) restant trop longtemps sur le fruit lors de périodes où les matinées demeurent fraîches, et par les fortes amplitudes d’hygrométrie.

Leviers

Éviter les à-coups d’irrigation : conduire en fractionné, ne pas alterner restriction marquée et apports massifs. Ne pas irriguer en période de faible activité de la plante (de la fin de journée jusqu’au début de matinée) pour ne pas laisser d’eau libre sur les fruits. Maîtriser l’hygrométrie sous abri et limiter les amplitudes (gestion des bassinages, de l’aération et des amplitudes hygrométriques détaillée dans Guide : gérer l’hygrométrie sous abris), afin que feuillage et fruits sèchent avant la nuit. Contrôler la fertilisation azotée pour éviter les poussées de croissance.

Décolorations et défauts de maturation (collet vert ou jaune, maturation irrégulière, blotchy ripening)
Collet vert sur tomate : épaule restant verte nettement délimitée alors que le reste du fruit rougit
Source : Ephytia, INRAe
Symptôme distinctif

Le collet vert ou jaune se manifeste par la persistance d’une coloration verte ou jaune à l’épaule du fruit (zone pédonculaire), tandis que le reste rougit normalement ; la chlorophylle ne s’y dégrade pas. La maturation irrégulière (blotchy ripening) donne des plages mal pigmentées, blanchâtres ou grisâtres, internes ou en surface. Ces défauts ne provoquent ni pourriture, ni nécrose, ni sporulation : le fruit reste ferme et sain. Le collet resté dur ne mûrira pas, il est inutile de retarder la récolte pour cette raison ; les repères de récolte sont rappelés dans Récolter au bon moment.

Facteurs déclenchants

La synthèse du lycopène, pigment rouge de la tomate, est optimale entre 20 et 25 °C et se trouve inhibée au-delà de 30 °C, la plante orientant alors la voie vers le β-carotène : les zones concernées ne rougissent pas. Le phénomène est aggravé par : Un excès de lumière directe sur les fruits, notamment après un effeuillage excessif qui les expose au rayonnement. Un déséquilibre de fertilisation, en particulier un déficit en potassium, le potassium intervenant dans la maturation et la coloration. Une irrigation irrégulière, qui perturbe l’accumulation des sucres et des pigments. La sensibilité varie fortement selon les variétés.

Leviers

Limiter les pics thermiques et l’excès de rayonnement sur les fruits par l’ombrage des abris et un effeuillage mesuré conservant l’ombrage des bouquets. Assurer une nutrition potassique suffisante et équilibrée pendant la phase de grossissement et de maturation. Maintenir une irrigation régulière.

Brûlures de feuillage et avortement de fleurs
Brûlure solaire sur feuille : décoloration blanchâtre du limbe se nécrosant, entourée d'un halo jaune
Source : Ephytia, INRAe
Symptôme distinctif

Les brûlures solaires sur feuilles se traduisent par une décoloration systématiquement blanche, qui peut se nécroser avec le temps, et par des nécroses allongées sur les organes jeunes en croissance active. Elles touchent les faces exposées et apparaissent après un épisode de fort rayonnement. L’enroulement physiologique du feuillage de tomate, fréquent en forte chaleur, est un mécanisme de protection : sans conséquence sur les vieilles feuilles, il devient problématique s’il gagne les jeunes feuilles, dont l’enroulement est irréversible et bride la photosynthèse. L’avortement de fleurs accompagne souvent ces épisodes (voir la section coulure).

Facteurs déclenchants et leviers

Sur cultures déjà bien développées, les brûlures de feuilles ont peu de conséquences. La vigilance porte sur les jeunes plants, qui peuvent ne pas repartir après une brûlure sévère. Les leviers sont les mêmes que pour les coups de soleil sur fruits : Anticiper par l’ombrage des abris et des cultures sensibles, en priorisant les jeunes plantations en plein champ (voir Ombrage des abris). Conduite climatique adaptée (bassinages réguliers en journée, aération maximale de jour comme de nuit) pour faire baisser la température sous abri, détaillée dans Guide : gérer l’hygrométrie sous abris. Effeuillage modéré pour ne pas exposer brutalement organes et fruits (voir La taille des cultures).

Le rôle transversal de l’ombrage

L’ombrage des abris (blanchiment à l’argile, voiles, filets) est le levier transversal le plus efficace contre la majorité de ces accidents : coups de soleil sur fruits et feuilles, nécrose apicale, collet jaune, brûlures de têtes de concombre. En abaissant la température sous abri d’environ 5 °C, il écrête les pics thermiques responsables de la plupart des désordres décrits ci-dessus. Le choix de la technique, les doses de kaolinite, le mouillage, le moment d’application et le déblanchiment sont traités en détail dans l’article dédié Ombrage des abris. On retiendra ici seulement qu’un blanchiment trop précoce sous tomate peut retarder la maturation des premiers fruits : il s’anticipe en fonction du stade de la culture et de la météo annoncée.

Tableau de synthèse
Accident Symptôme distinctif Cause Levier principal
Nécrose apicale (cul noir) Nécrose sèche brun-noir à l’apex du fruit (point pistillaire), tissus secs Déficit de calcium dans le fruit par défaut de transport, lié à l’irrégularité ou au déficit d’eau ; excès d’azote ou de potassium aggravant Régularité de l’irrigation (fractionné, goutte-à-goutte) ; maîtrise N et K ; retrait des fruits atteints
Coup de soleil des fruits Plage blanchâtre déprimée, parcheminée, sur la face exposée au soleil Exposition directe et brutale après effeuillage excessif ; température de fruit > 35-38 °C sous fort rayonnement Effeuillage modéré et progressif ; ombrage des abris et des cultures sensibles
Coulure / blocage de nouaison Fleurs et ébauches qui jaunissent et chutent, plante par ailleurs vigoureuse Pollen peu viable au-delà d’environ 35 °C le jour ; nuits > 20-21 °C et jours > 32 °C ; pollinisation dégradée en cucurbitacées Aération nocturne pour abaisser la nuit ; ombrage et bassinages le jour ; ne pas surcharger la plante
Microfissures / éclatement (cracking, russeting) Craquelures superficielles liégeuses (0,2 à 2 mm) zone pédonculaire, ou fentes plus profondes radiales/concentriques À-coups de croissance et de l’alimentation en eau ; eau restant trop longtemps sur le fruit ; fortes amplitudes d’hygrométrie Irrigation fractionnée sans à-coups ; ne pas irriguer en fin de journée ; maîtrise de l’hygrométrie et de l’azote
Collet vert/jaune, maturation irrégulière (blotchy) Épaule restant verte ou jaune, plages mal pigmentées, fruit ferme et sain Synthèse du lycopène inhibée > 30 °C ; excès de lumière sur fruits ; déficit en potassium ; irrigation irrégulière Ombrage et effeuillage mesuré ; nutrition potassique suffisante ; irrigation régulière
Brûlures de feuillage / enroulement Décoloration blanche du limbe se nécrosant ; enroulement irréversible des jeunes feuilles Fort rayonnement et chaleur, exposition brutale ; vigilance sur jeunes plants Ombrage des abris ; bassinages et aération maximale ; effeuillage modéré
Sources

Article rédigé pour l’APABA par Clotaire. Merci de nous remonter vos retours et observations terrain pour enrichir cette ressource.

Facturation électronique : obligation de réception

Facturation électronique : être prêt à recevoir au 1er septembre 2026

La réforme de la facturation électronique entre dans sa phase obligatoire. Pour la quasi-totalité des exploitations agricoles, et en particulier les plus petites structures, la première obligation qui s’applique n’est pas d’émettre des factures électroniques, mais d’être en capacité de les recevoir. Cet article rappelle ce qu’est une facture électronique, qui est concerné, ce qu’il faut faire concrètement pour être prêt à recevoir, et propose un panorama d’outils réels et nommés pour choisir. Un point de méthode : la réforme a déjà été reportée par le passé, et la liste des plateformes évolue chaque mois. Les informations ci-dessous sont à jour à la rédaction (juin 2026), d’après les sites de l’administration et des éditeurs. Les sources figurent en fin d’article ; vérifiez-les avant toute décision.

Sommaire
Ce qu’est une facture électronique

Une facture électronique au sens de la réforme n’est pas un simple PDF envoyé par courriel. L’administration la définit comme une facture émise, transmise et reçue sous une forme structurée, c’est-à-dire dans un format que les logiciels savent lire et traiter automatiquement — le PDF classique ne suffit plus. En pratique, elle se présente le plus souvent comme un fichier qui combine un document lisible à l’écran et des données exploitables par le logiciel de comptabilité du destinataire. La facture circule par l’intermédiaire d’une plateforme, et non par un envoi direct de courriel. La conséquence pratique : pour les transactions entre professionnels (B2B), le PDF ordinaire transmis par courriel ne suffira plus. Il devra être remplacé par une facture au format structuré circulant via une plateforme agréée.

Qui est concerné

La facturation électronique obligatoire concerne les opérations entre entreprises assujetties à la TVA et établies en France (B2B). Pour une exploitation agricole, cela couvre les ventes à un magasin, à un grossiste, à un restaurant, à une coopérative ou à une cuisine de restauration collective, ainsi que les factures reçues de ses propres fournisseurs (intrants, semences, aliments du bétail, matériel…).

Micro-BA et franchise en base de TVA : vous êtes concernés

Point essentiel : être en franchise en base de TVA, ou relever du micro-BA, n’exonère pas de la réforme. L’administration confirme qu’elle s’applique à tous les assujettis à la TVA, y compris ceux qui ne sont pas redevables de la taxe. La distinction à retenir : assujetti (toute personne exerçant une activité économique, ce qui inclut l’exploitant agricole) et redevable (celui qui collecte effectivement la TVA). La réforme vise les assujettis. Un agriculteur (quelle que soit sa filière) en franchise en base ou en micro-BA est donc soumis à l’obligation de réception dès septembre 2026.

Les ventes aux particuliers (B2C) restent hors champ

Les ventes à des particuliers — marché de plein vent, vente à la ferme, paniers ou colis, AMAP, vente en ligne au détail — ne relèvent pas de la facturation électronique obligatoire. Pour une exploitation majoritairement en vente directe, seule la part B2B (ventes aux magasins, restauration collective, etc.) est concernée. Un dispositif distinct, le e-reporting, transmettra à terme les données de ces ventes B2C, mais il suit le calendrier d’émission et ne constitue pas l’enjeu de septembre 2026.

La date clé

Au 1er septembre 2026, recevoir des factures électroniques devient obligatoire pour toutes les entreprises assujetties à la TVA, quelle que soit leur taille. C’est l’échéance qui concerne directement les agriculteurs, y compris les plus petites structures. L’obligation d’émettre, elle, viendra plus tard : elle ne s’imposera aux TPE, micro-entreprises et PME (la grande majorité des exploitations agricoles) qu’à partir du 1er septembre 2027. Pour l’échéance immédiate, le seul point d’attention est donc la réception.

Concrètement, comment être prêt à recevoir

Recevoir des factures électroniques suppose de disposer d’un point de réception identifié dans le dispositif national. Cela passe obligatoirement par une plateforme. Le projet d’un Portail Public de Facturation (PPF) gratuit, qui aurait servi de plateforme de réception pour toutes les entreprises, a été abandonné par l’administration en octobre 2024. Le PPF subsiste dans un rôle limité : il tient l’annuaire central qui aiguille les factures, mais n’est plus un service grand public de réception. Pour recevoir ses factures, une entreprise doit donc passer par une plateforme agréée (la dénomination « plateforme de dématérialisation partenaire » ou PDP est devenue « plateforme agréée » ; les deux termes désignent le même dispositif : un opérateur immatriculé par l’État). Les étapes pour être prêt à recevoir : Choisir une plateforme agréée immatriculée. La liste officielle est publiée et tenue à jour par la DGFiP sur impots.gouv.fr (plus de 130 opérateurs immatriculés à juin 2026, liste qui évolue régulièrement). C’est la seule source de référence pour vérifier qu’un outil est bien agréé. Ouvrir un compte et déclarer son identifiant. L’entreprise s’enregistre sur la plateforme retenue ; son identifiant, rattaché à son numéro SIREN, est inscrit dans l’annuaire, pour que les factures de ses fournisseurs lui soient acheminées. Communiquer son point de réception si nécessaire. Il peut être utile d’indiquer à ses clients et fournisseurs professionnels la plateforme retenue, pour fluidifier les premiers échanges. Pour une petite structure dont le besoin se limite, en 2026, à la seule réception, inutile de déployer immédiatement un outil de facturation complet : il suffit d’avoir un point de réception opérationnel. Le choix d’un outil d’émission peut être préparé en parallèle, en vue de 2027. Il reste recommandé de se rapprocher de son centre de gestion ou de son expert-comptable pour valider la solution adaptée.

Panorama d’outils pour choisir

Le tableau ci-dessous présente quelques solutions courantes adaptées aux petites structures. L’APABA ne recommande aucun éditeur : il s’agit d’un panorama factuel pour s’orienter, pas d’un classement. Tous ces outils permettent d’être en règle ; deux repères pour s’y retrouver : Plateforme agréée (PA, ex-PDP) : opérateur immatriculé par l’État, seul habilité à recevoir et transmettre les factures dans le dispositif. C’est la brique obligatoire. Logiciel de facturation : outil de devis/factures qui n’est pas lui-même agréé et s’appuie sur une plateforme agréée tierce pour la conformité. Pratique, mais à condition de vérifier que cette connexion est bien prévue et incluse. L’immatriculation des plateformes évolue : le statut indiqué ci-dessous est vérifié en juin 2026 mais doit être recontrôlé sur la liste officielle de la DGFiP avant tout engagement.

Outil Cible Réception / Émission Gratuit ou payant Point d’attention
Abby Micro-entreprises, auto-entrepreneurs, indépendants Réception et émission Offre gratuite illimitée ; offres payantes de ~7 à ~26 €/mois HT Orienté micro/indépendants ; intègre aussi les déclarations Urssaf
Indy Indépendants, micro-entreprises, EI et sociétés Réception et émission Module de facturation électronique annoncé gratuit et sans limite de volume Surtout connu comme outil de comptabilité en ligne ; vérifier le périmètre exact de l’offre gratuite
Tiime Micro-entreprises, TPE et PME Réception et émission Plusieurs formules ; offre de base limitée, fonctions avancées payantes Outil tout-en-un (facturation, compte pro, déclarations) ; vérifier l’offre adaptée à un faible volume
Qonto Indépendants, TPE et PME Réception et émission Payant : abonnement bancaire incluant la facturation (à partir de quelques €/mois) D’abord un compte professionnel ; la facturation électronique est un module de l’offre bancaire
Pennylane TPE, PME, souvent via l’expert-comptable Réception et émission Payant, par abonnement ; souvent déployé avec le cabinet comptable Pertinent si votre comptable l’utilise déjà ; moins adapté à une démarche 100 % autonome
Henrri Auto-entrepreneurs, TPE Réception et émission via la PA partenaire Logiciel gratuit ; conformité via Pennylane N’est pas lui-même agréé : vérifier que la connexion à la PA est bien activée pour septembre 2026
Evoliz TPE, PME Réception et émission via la PA partenaire Payant, par abonnement ; connexion PA incluse N’est pas lui-même agréé : la conformité dépend de la plateforme partenaire incluse

Quelle que soit la solution, le critère commun et incontournable est de s’appuyer sur une plateforme agréée immatriculée, vérifiable sur la liste de la DGFiP. Certains de ces outils ne sont pas eux-mêmes agréés et passent par une plateforme agréée partenaire (c’est indiqué dans la colonne « point d’attention ») : à vérifier au moment de choisir. Pour l’échéance du 1er septembre 2026, l’action à mener est circonscrite : disposer d’un point de réception opérationnel. La préparation de l’émission peut être conduite ensuite, d’ici 2027.

Sources

Article rédigé pour l’APABA par Clotaire. Merci de nous remonter vos retours et observations terrain pour enrichir cette ressource.

Ombrage des abris

Pourquoi ombrer en serre froide

Sous tunnel non climatisé, dès qu’on dépasse 30 °C de rayonnement extérieur, la température foliaire grimpe plus vite que la température d’air. Au-delà de 32-35 °C, la viabilité du pollen de tomate chute fortement, ce qui pénalise la nouaison et la qualité du fruit. À partir de 38 °C en sommet de plante, la photosynthèse s’effondre : la plante ferme ses stomates, le calcium ne circule plus, et on voit apparaître les troubles classiques de fin de printemps et d’été — blossom-end rot (cul noir) sur tomate et poivron, vitrification et brûlures de fruits, montée à fleur précoce des laitues, brûlures sur épinard et jeunes pousses, fruits déformés sur courgette et concombre. L’ombrage n’est pas qu’un confort de travail. C’est un outil de pilotage du couple température-rayonnement, au même titre que l’aération et l’irrigation. Sur le plateau aveyronnais (300-800 m), les épisodes de chaleur sont moins longs qu’en Provence mais peuvent monter brutalement entre juin et début septembre. Une intervention bien calée gagne 3 à 5 jours de récolte exploitable par épisode et limite la casse sur les cultures sensibles.

Les trois grandes familles de solutions
1. Blanchiment de la couverture

Application d’un produit blanc directement sur le film (extérieur ou intérieur). Trois grandes options :

  • Lait de chaux (chaux hydratée + eau) : option la moins chère, ~40 €/an pour 1 000 m² selon les retours GRAB. Demande au moins 2 passages dans la saison, est facilement délavé par les pluies > 15 mm. Bonne option pour qui veut tester sans engager.
  • Argile / Sokalciarbo WP : utilisé en routine par le GRAB d’Avignon depuis 2011. Plus écologique que les peintures de synthèse, bien lessivé par les pluies d’automne (pas de nettoyage à programmer), moins durable cependant que les peintures spécialisées.
  • Peintures horticoles d’ombrage (ReduSol, ReduSol Xtra, Ombraflex, Sublimix…) : tiennent toute la saison avec un seul passage en mai-juin. Coût annuel ~140 €/1 000 m² (Ombraflex). Pour la gamme ReduSystems, ReduFuse diffuse la lumière sans la réduire, ReduHeat coupe préférentiellement l’infrarouge thermique (intéressant pour limiter la T° sans pénaliser le PAR), et ReduSol Xtra coupe à la fois PAR et IR (cas de cultures vraiment surexposées).

Dosage de base pour lait de chaux / argile : 25 kg pour 100 L d’eau (ombrage moyen) à 25 kg pour 200 L (ombrage léger), pulvérisé sur film bien sec. Le blanchiment réduit le rayonnement entrant de 30 à 50 % selon le dosage, et fait baisser la température sous abri d’environ 5 °C par rapport à un tunnel non blanchi (mesures GRAB en climat méditerranéen).

2. Filets et voiles d’ombrage

Toile tricotée en polyéthylène, densité d’ombrage de 15 à 75 %, posée à l’extérieur (sur la couverture) ou à l’intérieur (suspendue sous les arceaux). La pose extérieure est plus efficace thermiquement (le rayonnement est arrêté avant d’avoir chauffé l’air interne) mais plus exposée au vent et à l’usure UV. La pose intérieure est plus simple à mettre en œuvre et à retirer, mais une partie du rayonnement a déjà chauffé l’air sous le film. Repères de coût et de pose (essais Produire Bio / GRAB) : 1,15 à 1,25 €/m² de serre pour un filet de qualité maraîchère, durée de vie 5 à 7 ans soit ~230-250 €/an amortissement pour 1 000 m². Pose : environ 1 heure à 3 personnes pour 800 m² de tunnels.

3. Écrans thermiques mobiles

Solution la plus aboutie mais réservée aux serres équipées (mécanisme de déroulage, structure portante). Toiles techniques type Ludvig Svensson Harmony, Tempa, etc. Un écran d’ombrage seul abaisse la T° de jusqu’à 6 °C (mesures CTIFL). Combiné à un écran thermique de nuit, jusqu’à 70 % d’économie d’énergie côté chauffé et un fort lissage des amplitudes thermiques. Sur tunnel froid classique en Aveyron, c’est rarement amorti ; à garder en tête pour les nouveaux investissements de serres multichapelles.

Choisir la densité d’ombrage

La densité (% du rayonnement intercepté) doit être ajustée à la culture et à l’objectif. Trop ombrer pénalise la photosynthèse et fait filer les plants ; pas assez n’évite ni la vitrification ni la chute de pollen.

  • 15-25 % : tomate, poivron, aubergine, melon en climat continental modéré. Ombrage léger qui suffit à passer les pics de juin-juillet sans pénaliser la nouaison.
  • 30-40 % : tomate en zone très exposée, concombre, courgette sous tunnel bas, fraises remontantes en été.
  • 50 % : laitues d’été, jeunes pousses, plants en pépinière, repiquages estivaux. C’est la densité standard pour limiter la montée à fleur des salades sous abri en juillet-août.
  • 70 % : uniquement pour des cultures très sensibles (jeunes plants en cours d’élevage) ou des zones de stockage. Trop d’ombrage pour une culture en place.

Règle pratique : ne pas additionner blanchiment + filet sans avoir mesuré. On atteint vite 60-70 % de réduction cumulée, ce qui freine la croissance des cultures à fort besoin lumineux (tomate, poivron, aubergine).

Couleur du filet et qualité spectrale

Au-delà du % d’ombrage, la couleur du filet modifie la composition spectrale de la lumière transmise :

  • Blanc / perlé : référence en maraîchage. Diffuse la lumière en gardant un bon ratio rouge/bleu, conserve la photopériode. C’est le choix par défaut pour cultures fruitières.
  • Vert : moins cher, mais déforme le spectre (absorbe le rouge utile à la photosynthèse). À éviter sur cultures longues. Acceptable en couvert temporaire (pépinière, stockage).
  • Aluminisé / réfléchissant : réfléchit le rayonnement infrarouge vers le ciel, donc effet thermique supérieur à densité d’ombrage égale. Idéal pour les écrans intérieurs mobiles. Plus cher.
  • Noir : à réserver à un usage non productif (chemins, abords). Absorbe le rayonnement, chauffe et le restitue par radiation infrarouge sous le filet : contre-productif pour les cultures.

Le filet d’ombrage coulisse grâce a des anneaux sur 2 câbles de chaque coté de la serre.

Effets sur la protection biologique intégrée (PBI)

L’ombrage modifie les conditions de travail des auxiliaires. À retenir avant de poser :

  • Phytoseiulus persimilis (acariens prédateurs contre tétranyques) : tolère bien l’ombrage qui maintient une humidité plus haute — favorable.
  • Macrolophus pygmaeus (punaise mirides généraliste sur tomate) : la baisse de luminosité et de T° ralentit son installation au printemps. Si lâcher prévu en avril-mai, attendre d’avoir bien installé la population avant de blanchir.
  • Encarsia formosa (parasitoïde aleurodes) : sensible à une luminosité trop faible, son taux de parasitisme baisse sous filet > 50 %.
  • Bourdons (Bombus terrestris) pour la pollinisation tomate, poivron, aubergine : moins actifs sous filet dense (50 % et +) et sous blanchiment épais. Ouvrir la ruche tôt le matin et compléter manuellement sur les premières semaines après pose si besoin.

Recommandation : poser blanchiment et filets après le bon démarrage des auxiliaires (mai dans le contexte aveyronnais), pas avant.

Quand poser, quand retirer (climat continental Aveyron)

Sur le plateau (300-800 m), repères indicatifs à ajuster à la station météo locale :

  • Pose : autour de la 3e semaine de mai, ou dès que les températures sous abri dépassent 35 °C plusieurs jours d’affilée. Ne pas attendre la canicule installée : la pose préventive évite les blocages physiologiques précoces.
  • Maintien : tout l’été jusqu’à fin août. Surveiller après chaque pluie significative si on est sur lait de chaux ou argile (repasse à prévoir au-delà de 15-20 mm cumulés).
  • Retrait : entre 1re semaine et mi-septembre selon l’année, dès que la lumière devient un facteur limitant pour les dernières mises à fruit. Pour les cultures qui se prolongent (tomate, poivron en récolte d’arrière-saison), retirer plutôt fin septembre pour relancer la maturation.
Compatibilité avec irrigation, brumisation, ventilation

L’ombrage ne remplace pas l’aération — il la complète. Sans ouverture des portes et des aérations, on se retrouve sous filet dans une atmosphère confinée et humide qui favorise oïdium et botrytis. Règle pratique : maintenir l’aération aussi grande qu’avant la pose. Si la serre dispose de brumisation, garder une marge de déclenchement plus tardive (35 °C au lieu de 32 °C) car l’ombrage fait déjà une partie du travail. Vérifier après la pose des filets que le déroulé des goutteurs et l’accès aux vannes ne sont pas gênés.

Tableau de synthèse par culture
Culture Densité d’ombrage Solution recommandée Période sous Aveyron Remarque
Tomate 15-25 % Blanchiment léger (argile) ou filet blanc intérieur Fin mai à mi-septembre Au-delà de 30 % : baisse de nouaison et coloration plus lente
Aubergine 20-30 % Blanchiment standard ou filet 30 % Mi-juin à fin août Forte sensibilité aux coups de chaleur en pleine floraison
Poivron 20-30 % Blanchiment + ventilation forcée Mi-juin à mi-septembre Très sensible au blossom-end rot par stress hydrique + chaud
Concombre 30-40 % Filet blanc ou aluminisé intérieur Fin mai à fin août Souffre rapidement au-delà de 35 °C, brûlures de fruits fréquentes
Courgette sous tunnel 30-40 % Filet blanc intérieur Juin à mi-août Souvent associée à un paillage clair pour limiter la T° du sol
Fraise remontante 30-50 % Filet blanc 30 % en juin, 50 % en juillet-août Juin à fin août Au-delà de 30 °C, blocage de la mise à fleur
Laitue d’été 50 % Filet blanc 50 % intérieur Mi-mai à début septembre Évite la montée et l’amertume ; combinable avec arrosage matinal
Jeunes pousses, épinard été 50-70 % Filet 50 %, doublé en pépinière 70 % Mi-mai à fin août Indispensable au-delà de 28 °C sous abri
Pépinière de plants 50-70 % Filet aluminisé intérieur, retrait à la sortie de pépinière Toute la saison de production de plants Réduit le choc thermique au repiquage
Ce que la FRAB Aura teste actuellement

La FRAB AuRA et son réseau pilotent depuis 2023-2025 des essais comparatifs voile / blanchiment / témoin en plein champ et sous abris, avec un focus sur laitue d’été et solanacées. Les premiers résultats convergent avec les références méridionales : -4 à -6 °C sous filet 30-50 % aux heures les plus chaudes, et un meilleur maintien de la PBI sous filet que sous blanchiment épais. Le sujet reste ouvert sur les effets long terme (qualité gustative, vigueur, parasitisme), avec des questions encore non tranchées : densité optimale par cycle, durée d’exposition, couleur la plus pertinente sur cultures longues.

Sources

Article rédigé pour l’APABA par Clotaire. Merci de nous remonter vos retours et observations terrain pour enrichir cette ressource.

La taille des cultures : tomates, aubergines, concombres et courgettes

Pourquoi tailler sous abri : trois objectifs indissociables

La taille des cultures sous tunnel froid pilote conjointement trois leviers : le rendement, le sanitaire et l’ergonomie du chantier de récolte. Sur le rendement, elle oriente la sève vers les fruits commercialisables (équilibre source/puits, calibres réguliers, étalement de la récolte). Sur le sanitaire, elle aère le couvert, abaisse le point de rosée au sein du feuillage et coupe les voies de progression du Botrytis cinerea, de Sclerotinia sclerotiorum et de l’oïdium (Leveillula taurica sur solanacées, Podosphaera xanthii sur cucurbitacées). Sur l’ergonomie, un palissage propre, une zone basse dégagée et des allées lisibles divisent par deux le temps de récolte et limitent la pénibilité, en particulier sur la fin de saison où les plants atteignent 2 m. Règle générale valable pour les cinq cultures : on taille par temps sec et ventilé, idéalement en milieu de matinée (turgescence maximale, ressuyage rapide des plaies), jamais par temps humide ni en soirée — la plaie reste ouverte la nuit et constitue une porte d’entrée directe pour Botrytis. On évacue systématiquement les déchets hors de l’abri, jamais sur l’inter-rang : un foyer de pourriture grise sur tas de feuilles à l’intérieur peut contaminer la culture en moins de 48 h en climat confiné.

Tomate : la plus exigeante, la plus rentable à bien tailler

La tomate indéterminée représente l’essentiel des références abri en bio. Conduite en une tige, palissée sur ficelle clipsée à un crochet en S accroché au fil haut (système Liane / Hortifil), elle se taille toute la saison. Ébourgeonnage : suppression de tous les gourmands axillaires dès qu’ils atteignent 3 à 5 cm. Geste à la main (pincement), sans sécateur sur jeunes pousses tendres : la plaie est plus petite et cicatrise sans saignement. Fréquence : une passe tous les 7 à 10 jours en pleine pousse (mai-juillet), puis tous les 10 à 14 jours. Effeuillage du bas : à partir du début de maturation du premier bouquet, on supprime progressivement les feuilles sous le bouquet en récolte, jamais au-delà — on conserve impérativement les 2 à 3 feuilles juste au-dessus du dernier bouquet noué qui alimentent la grappe. Cible de feuillage actif : 16 à 18 feuilles adultes par plant pendant la phase productive. Coupe au ras de la tige, sécateur désinfecté, jamais d’arrachage qui déchire l’épiderme. Éclaircissage des bouquets : sur variétés grosses (côtelées, type cœur), on laisse 4 à 5 fruits par bouquet sur les premiers bouquets, 5 à 6 ensuite. Sur cocktails et cherries, on n’éclaircit pas mais on peut supprimer le bouquet entier s’il est mal noué ou déformé. Sur cœur de bœuf et grappes lourdes, on supprime les fruits en surnombre au stade petit pois, en gardant les mieux formés sur l’axe principal du bouquet. Étêtage : sous tunnel froid en Aveyron, on laisse généralement monter à 6 à 8 bouquets avant d’arrêter la tête, 2 à 3 feuilles au-dessus du dernier bouquet conservé pour assurer le grossissement final. L’étêtage se programme 50 à 60 jours avant l’arrêt prévu de la récolte (un fruit noué en août sera récolté début octobre). Hauteur de palissage utile : 1,90 à 2,10 m, au-delà la couchette (layering, abaissement progressif de la ficelle) devient pertinente en saison longue.

Spécificités cocktails / cerises

Sur tomates cocktails et cerises, la masse foliaire est plus dense, l’ébourgeonnage doit être plus rapproché (tous les 5 à 7 jours) sous peine d’avoir des gourmands à 15 cm impossibles à supprimer sans plaie béante. L’effeuillage est plus parcimonieux : les bouquets longs (12 à 20 fruits) ont besoin d’ombrage relatif pour éviter les éclatements et le blossom-end rot. On conserve volontiers 20 feuilles adultes.

Concombre : conduite une tige et piège du sur-rendement initial

Le concombre long hollandais sous tunnel froid se conduit sur une tige, palissée sur ficelle, en supprimant toutes les ramifications axillaires. La taille est plus radicale que sur tomate et plus chronophage : 2 passes par semaine en pleine pousse, c’est la norme. Étage 0 à 40 cm (sous la première fleur femelle utile) : on supprime systématiquement toutes les fleurs femelles ET les ramifications. Ces fruits précoces épuisent la plante avant qu’elle ait construit son volume foliaire. Sans cette suppression, on observe couramment une première production de 5 à 8 concombres puis un arrêt de croissance de 15 jours avant la reprise productive. Étage 40 cm jusqu’au fil haut (à 1,80-2,00 m) : on conserve 1 fruit par aisselle ou 1 sur 2 sur la tige principale, on supprime tous les axillaires. Au-dessus du fil : on bascule la tête par-dessus le fil et on laisse retomber 1 à 2 ramifications de descente portant chacune 2 à 3 fruits. Au-delà, on étête. Effeuillage (pas obligatoire) : on enlève les vieilles feuilles du bas au fur et à mesure de la récolte, coupe nette au ras de la tige avec sécateur désinfecté. Cible : pas plus de 20 à 22 feuilles fonctionnelles par plant, sinon l’humidité interne explose et l’oïdium s’installe en 10 jours. Repère de rendement attendu sous tunnel froid bio bien conduit : 2 à 2,5 concombres/m²/semaine en pleine production, soit 25 à 30 fruits/m² sur le cycle.

Aubergine : taille de formation en V (ou Y), puis discipline d’ébourgeonnage

L’aubergine, souvent greffée sous abri, se conduit en charpentières ou en bande palissée. Densité de plantation usuelle en sol : 1,5 à 2 plants/m² (0,40 à 0,50 m sur le rang, 1,20 m entre rangs). Taille de formation : à 30-40 cm de hauteur (3 à 4 semaines après plantation, généralement mi-mai en Aveyron), la plante émet sa première fleur dans la fourche. On supprime tous les bourgeons axillaires sous la fourche, et on conserve 2 branches charpentières formant un V — éventuellement 3 ou 4 sur variétés vigoureuses (forme en candélabre). Palissage (2 techniques) : Palissage par charpentière : chaque charpentière est palissée sur sa propre ficelle, formant un V évasé. Hauteur utile : on étête les charpentières à 1,50 m environ pour les variétés vigoureuses (Violette de Barbentane, Abrivado) en arrêtant la croissance verticale plutôt que de couchage. Palissage par bande : après la taille de formation, palisser avec des ficelles horizontale pour maintenir les aubergines sous formes de buisson, cela permet de réduire le temps de travail, une ficelle sera installée tous les 25 cm. Gestion des relais : sur chaque charpentière, à chaque nœud, un axillaire pousse. On le pince 2 feuilles après le premier fruit formé (relais de production). L’absence de pincement conduit à un encombrement foliaire ingérable en juillet ; la suppression systématique entraîne au contraire une perte de relais productifs et une chute de rendement en août. Éclaircissage des premiers fruits : la première fleur (fleur de fourche) donne souvent un fruit de calibre énorme qui épuise le plant. La couper quand elle est encore au stade bouton ou quand le fruit fait 2-3 cm augmente significativement le rendement total. Les essais GRAB ont toutefois montré un intérêt limité à éclaircir les fleurs secondaires : on s’arrête à la fleur de fourche. Effeuillage : minimal, surtout après installation des fruits — l’aubergine craint le coup de soleil sur fruits exposés (taches blanchâtres irréversibles côté sud). On ne supprime que les feuilles jaunies ou maladies.

Poivron : peu de taille, beaucoup de gestion du feuillage protecteur

Le poivron est la culture où l’on intervient le moins au sécateur, par choix raisonné. Densité abri : 2,5 à 3 plants/m² en double rangs, palissage sur 2 à 4 ficelles par plant (système japonais ou hollandais). Suppression de la fleur couronne : la fleur dite “de couronne” ou “royale” (king flower) émise à la première fourche se supprime systématiquement au stade bouton. Ce geste est le seul vraiment chiffrable en gain : il évite l’épuisement précoce du plant et lance correctement la production. Gain de rendement total mesuré : +10 à +20 % sur la saison. Taille de formation : à la fourche, on conserve 2 à 4 branches charpentières. On supprime ensuite, à chaque nœud, la branche la plus faible des deux issues de la fourche (méthode dite “espagnole” ou “hollandaise”) en gardant systématiquement la plus vigoureuse. Sans cette discipline, le plant développe un port buissonnant non maîtrisable à partir de juillet, avec une chute des calibres et une recrudescence des coups de soleil sur fruits. Palissage : en bande avec ficelles horizontale tous les 25cm. Ébourgeonnage en pied : tous les axillaires sous la première fourche sont supprimés à la plantation et dans les 3 semaines qui suivent. Feuillage : on ne pratique PAS d’effeuillage chez le poivron, sauf feuilles mortes ou malades. Les feuilles sont protectrices contre les coups de soleil sur fruits (sun scald) — taches blanchâtres ou nécroses brunes côté sud-ouest, qui chutent fortement la valeur commerciale. Tunnel froid en Aveyron : risque sun scald net sur poivrons rouges en juillet-août, le couvert foliaire est la première protection.

Courgette sous abri : effeuillage (?) et option palissage

La courgette sous tunnel froid précoce (plantation mars-avril) se conduit différemment de la courgette plein champ : l’effeuillage est systématique sur certaine ferme, et le palissage se fait de plus en plus. Densité : 1,5 plant/m² sur paillage, en rang simple ou en quinconce. Effeuillage (non obligatoire car chronophage) : 1 à 2 passes par semaine à partir de la 4e-5e récolte. On supprime au sécateur désinfecté, au ras de la tige (en laissant un moignon de 1-2 cm de pétiole, qui sèche), la feuille située sous le fruit en récolte et toutes les feuilles vieilles, jaunissantes, traînantes au sol. Objectif : maintenir une “fenêtre” de 5 à 7 feuilles fonctionnelles au sommet de la tige, sous laquelle le sol est dégagé. Cette pratique constitue l’un des leviers prophylactiques les plus efficaces contre Sclerotinia et Botrytis en culture précoce sous abri. Palissage : pratique en progression rapide sous abri. Une seule ficelle par plant, attachée par crochet en S au fil haut. On enroule la tige sur la ficelle au fur et à mesure (1 tour par semaine) et on supprime les feuilles basses. Gains documentés : cycle de récolte allongé de 3 à 4 semaines, baisse de la pression maladies du sol, ergonomie de cueillette nettement améliorée (récolte à hauteur de buste, posture redressée).

Bonnes pratiques transversales : sanitaire, outils, hygiène

Moment de la journée : milieu de matinée, après ressuyage de la rosée et avant les fortes chaleurs. Plaies cicatrisent en 2 à 4 heures par temps sec et ventilé. Choix outil : main nue (pincement) sur jeunes gourmands < 5 cm, sécateur fin et propre au-delà. Sur cultures atteintes ou à risque viral (tomate notamment, vis-à-vis du ToBRFV et du PepMV, virus persistants transmis par simple contact), un sécateur dédié par rang ou désinfection inter-plants. Désinfection : alcool à 70° ou solution de phosphate trisodique 10 % efficace contre Clavibacter michiganensis (chancre bactérien) ; pour les tobamovirus (ToBRFV, ToMV), le lait écrémé ne suffit pas — préférer le phosphate trisodique ou l’hypochlorite à 2 %. Désinfection inter-rangs minimum, idéalement inter-plants en cas de symptômes. Évacuation des déchets : sortie immédiate hors tunnel, jamais d’amas en bout de rang. Compostage à l’écart, ou export. Une feuille effeuillée laissée au sol est un foyer potentiel. Météo : ne jamais tailler par temps humide, avant pluie/orage, ou en fin de journée. Aérer le tunnel le matin avant de tailler, garder ouvert tant que les plaies ne sont pas cicatrisées. Lien avec la PBI : un couvert taillé propre = meilleure circulation des auxiliaires (Macrolophus pygmaeus, Encarsia formosa, Amblyseius swirskii), meilleur dépôt des lâchers, moins de zones refuges pour aleurodes et pucerons. Mouillage du feuillage : irrigation au goutte-à-goutte exclusivement, jamais d’aspersion sur feuillage sous abri. Toute taille faite sur feuillage mouillé = porte ouverte aux maladies fongiques et bactériennes.

Tableau de synthèse : repères par culture
Culture Architecture Hauteur palissage Geste principal Fréquence Point critique
Tomate indéterminée 1 tige 1,90-2,10 m Ébourgeonnage + effeuillage progressif 7-10 j Garder 16-18 feuilles, 2-3 feuilles sur étêtage
Tomate cocktail/cerise 1 tige 1,90-2,10 m Ébourgeonnage rapproché 5-7 j Effeuillage parcimonieux, 20 feuilles
Concombre 1 tige + descente 1,80-2,00 m Suppression axillaires + fruits bas 2x/sem. Pas de fruit sous 40 cm
Aubergine V (2 à 4 charpentières) 1,50 m Taille de formation + pince à 2 feuilles 7-10 j Supprimer fleur de fourche
Poivron 2 à 4 charpentières 1,80-2,00 m Suppression fleur couronne + branche faible 10-14 j Pas d’effeuillage (sun scald)
Courgette abri Libre ou palissée 1,80 m si palissée Effeuillage feuilles basses 1-2x/sem. Coupe nette au sécateur, évacuation
Sources

Article rédigé pour l’APABA par Clotaire. Merci de nous remonter vos retours et observations terrain pour enrichir cette ressource.

Guide : gérer l’hygrométrie sous abris

Pourquoi l’hygrométrie pilote tout sous abri

En maraîchage biologique sous tunnel, on n’a pas de fongicide systémique pour rattraper un mildiou ou un foyer de botrytis qui démarre. Le sanitaire repose presque entièrement sur la prophylaxie, et la prophylaxie repose presque entièrement sur le couple température / humidité relative (HR). C’est le levier n°1 : un pilotage fin de l’ambiance permet de désamorcer 80 % des risques cryptogamiques avant qu’ils ne s’expriment, alors que le soufre, le cuivre ou les stimulateurs de défense interviennent uniquement en appui. Le réflexe à intégrer : sous abri, ce n’est pas la HR moyenne sur 24 h qui compte, c’est la durée pendant laquelle la HR dépasse 90 % et la durée d’humectation foliaire (présence d’eau liquide sur les feuilles). Quelques heures par nuit suffisent à enclencher un cycle infectieux, même si la journée est sèche.

Oïdium contre mildiou : deux univers opposés en eau libre

Le piège classique sous tunnel, c’est de gérer l’ambiance comme si tous les champignons aimaient les mêmes conditions. Ce n’est pas le cas. La distinction majeure : les mildious (oomycètes) ont besoin d’eau libre sur la feuille pour germer ; les oïdiums (ascomycètes) n’en ont pas besoin et peuvent même être inhibés par l’eau liquide.

Côté mildiou : eau liquide indispensable
  • Phytophthora infestans (mildiou tomate / pomme de terre) : entre 10 et 25 °C, il suffit de 2 heures d’humectation foliaire pour déclencher une infection. Optimum de germination indirecte (zoospores) entre 10 et 15 °C, optimum mycélien à 23 °C. Sporulation optimale 12 à 18 °C, HR > 90 % requise.
  • Bremia lactucae (mildiou de la laitue) : germination des spores à partir de 3 h d’humectation foliaire, optimum 15 °C, sporulation très fortement augmentée dès que HR > 90 %. La libération des sporanges se fait le matin quand la T° remonte et l’HR chute — c’est le moment critique de l’aération.
  • Pseudoperonospora cubensis (mildiou des cucurbitacées, concombre et melon en tête) : 2 h d’humectation foliaire suffisent dès 20 °C, jusqu’à 6 à 12 h à 10-15 °C. Maximum infectieux vers 25 °C. C’est l’un des plus redoutés en tunnel concombre.
Côté oïdium : sec en surface, mais humidité dans l’air
  • Podosphaera xanthii et Golovinomyces cichoracearum (oïdiums des cucurbitacées) : optimum thermique 20 à 27 °C, HR de l’ordre de 50 à 90 %. Particularité : germination même en l’absence d’eau libre, et les fortes pluies / aspersions lessivent au contraire les conidies.
  • Leveillula taurica (oïdium interne des solanacées, tomate / aubergine / poivron) : optimum 20 à 26 °C, HR optimale 70 à 80 %, infections possibles de 10 à 33 °C. Particularité importante en abri : l’eau libre sur le limbe limite son développement. C’est un pathogène typique de l’ambiance sèche-tiède-fermée.

Conclusion opérationnelle : on ne peut pas optimiser contre les deux en même temps. Il faut caler son ambiance sur le risque dominant du moment, défini par l’espèce cultivée, le stade, et la météo extérieure des 48 h à venir.

Le troisième : Botrytis cinerea

Botrytis cinerea (moisissure grise / pourriture grise) est l’opportuniste qui s’installe sur les plaies (effeuillage, casse, fruits éclatés) dès que les conditions le permettent. Données chiffrées issues d’Ephytia INRAe :

  • Germination des conidies entre 1 et 30 °C, optimum 18 à 20 °C.
  • Contamination effective dès HR ambiante ≥ 90 % pendant 15 h, ou en présence d’eau libre.
  • Inhibition au-delà de 30 °C.
  • Conditions très favorables : 17 à 23 °C avec HR autour de 95 %, exactement ce qu’on retrouve sous tunnel mal aéré, en fin de nuit / petit matin.

Le botrytis sous tomate, c’est presque toujours la conjonction : une plaie d’effeuillage + une nuit à 95 % d’HR sur plusieurs heures. D’où la règle : effeuiller en début d’après-midi, par temps sec et aéré, jamais le matin sur feuillage humide.

Aération : les leviers et les repères opérationnels
Hiérarchiser les ouvrants

Trois leviers, à actionner dans cet ordre selon le besoin :

  • Faîtière : la plus efficace pour évacuer l’humidité et la chaleur (effet cheminée). Indispensable au printemps pour sécher la condensation accumulée sous la voûte.
  • Ouvrants latéraux : régulation fine de l’HR, mais attention au “wind effect” qui dessèche le rang de bordure et favorise oïdium en lisière.
  • Pignons : appoint, utiles pour traverser un tunnel long et casser les zones mortes.
Repères journée type, saison maraîchère active
  • Matin (7 h – 10 h) : moment le plus critique. La T° remonte vite, l’air saturé de la nuit se condense sur tous les organes froids. Ouvrir progressivement la faîtière dès que la T° intérieure dépasse de 2 à 3 °C la T° extérieure, pour évacuer la masse d’air humide. Objectif : sécher le feuillage en moins de 2 h après le lever du soleil — sous le seuil critique de germination des mildious.
  • Mi-journée (10 h – 16 h) : aération maximale par temps chaud (T° > 28 °C dehors). On accepte une HR qui peut descendre à 50-60 %, ce qui pénalise modérément la photosynthèse mais bloque botrytis et mildious.
  • Fin de journée (16 h – 19 h) : refermer avant que la T° intérieure ne descende sous celle du point de rosée, sinon on bascule directement en condensation sur feuillage pour toute la nuit. Le bon réflexe : refermer 1 à 2 h avant le coucher du soleil pour piéger un peu de chaleur, et laisser repartir un peu d’HR contrôlée.
  • Nuit : tunnel fermé l’hiver, partiellement ouvert l’été. À surveiller : la T° de point de rosée. Si la T° des feuilles passe sous le point de rosée, condensation systématique → favorable mildious et botrytis.
Notion de point de rosée à intégrer

Le point de rosée, c’est la T° à laquelle l’air en place devient saturé (HR = 100 %) si on le refroidit sans changer sa teneur en eau. Une masse d’air à 20 °C / 80 % HR a un point de rosée de l’ordre de 16,5 °C : dès que la paroi du tunnel ou la face inférieure d’une feuille passe sous 16,5 °C, on a de l’eau liquide. C’est pour ça qu’une nuit dégagée et fraîche (rayonnement) condense beaucoup plus qu’une nuit couverte et douce, à HR équivalente.

Brumisation et aspersion : levier ou piège selon le contexte
Quand la brumisation est utile
  • Canicule (T° intérieure > 32-34 °C, HR < 40 %) : brumisation en gouttelettes très fines au-dessus du couvert, en milieu de journée, pour faire baisser la T° par évaporation et éviter l’avortement floral en tomate / aubergine.
  • Protection biologique intégrée (PBI) : maintien d’une HR > 65-70 % pour la survie et l’efficacité de Phytoseiulus persimilis, Macrolophus pygmaeus ou Amblyseius swirskii.
  • Forçage levée en pépinière sur jeunes plants peu enracinés.
Quand la brumisation est contre-productive
  • Sur cultures sensibles aux mildious (concombre, melon, laitue) : toute humectation foliaire prolongée > 2 h ouvre la porte à P. cubensis ou B. lactucae.
  • En fin de journée : le feuillage n’a pas le temps de sécher avant la fermeture. À proscrire après 16 h.
  • Pendant la floraison de la tomate : excès d’humidité agglutine le pollen, gêne la déhiscence des anthères et fait chuter la nouaison. La brumisation est tolérée si elle est ciblée allées et structure, pas sur feuillage.
  • Sur tomate / aubergine en pleine pression Leveillula taurica : maintenir une HR modérée (60-70 %) limite l’extension — mais attention, baisser sous 50 % avec wind effect en bordure peut au contraire favoriser le pathogène.
Aspersion au sol vs aspersion au feuillage

 

L’arrosage au sol (goutte-à-goutte, gaines, aspersion basse) est presque toujours préférable : on humidifie la zone racinaire sans mouiller le feuillage, on évite les durées d’humectation problématiques. L’aspersion au feuillage ne se justifie que ponctuellement : rafraîchissement d’urgence par canicule, lessivage d’un dépôt de soufre, ou levée de jeune semis. Si on y a recours, on le fait tôt le matin pour que la dessiccation soit complète avant midi.

Les asperseurs sous abris sont modifiés pour que l’aspersion puisse se faire au dessus des cultures, ici des haricots.

Tableau de synthèse : que faire selon la situation
Contexte Geste recommandé À éviter
Tunnel tomate, nuit à 95 % HR + condensation matinale Faîtière ouverte dès +2 °C delta intérieur / extérieur ; viser séchage feuillage en 2 h Laisser fermé jusqu’à 10 h “pour gagner en chaleur”
Canicule concombre, 35 °C / 30 % HR Brumisation fines gouttes en allées + faîtière ouverte ; effeuillage léger pour aération Brumisation directe sur feuillage en fin d’après-midi
Tomate en floraison, HR ambiante 80-85 % Aération latérale modérée + brassage par circulation d’air ; effeuillage début après-midi Brumisation, aspersion sur feuillage, tout geste mécanique sur feuillage humide
Laitue d’arrière-saison, T° 12-15 °C, nuits humides Fermeture tardive, ouverture précoce, écartement plantation large ; surveillance Bremia visuelle quotidienne Aspersion en fin de journée ; densités trop fortes
Cucurbitacée en pleine pression oïdium (P. xanthii) Soufre micronisé préventif si 18 °C < T° < 28 °C, tôt le matin ; effeuillage feuilles vieilles Soufre par > 28 °C (phyto), aération brutale qui dessèche bordures
Effeuillage tomate planifié Début après-midi, temps sec, tunnel aéré, plaies au plus près de la tige Effeuillage matinal sur feuillage humide ou plaies larges qui cicatrisent mal
Nuit fraîche après journée chaude (point de rosée bas) Refermer 1 h avant le coucher du soleil pour piéger T° ; aération minimale faîtière la nuit si humidité forte Tunnel complètement fermé sur masse d’air saturé
Articulation avec les autres pratiques bio

Quatre pratiques structurantes pour gérer l’hygrométrie :

  • Densité et écartement : un rang de tomates à 50 cm sur le rang fonctionnera très différemment d’un rang à 35 cm en termes de circulation d’air. Pour les cultures à forte biomasse foliaire (concombre, courgette en cordon), prévoir + 10 à 15 % d’écartement par rapport au plein champ pour compenser la moindre ventilation. Il est également préférable d’avoir des rangs très serré mais d’avoir plus d’espace entre rang. Par exemple : Il vaut mieux avoir 1 planche sur 2 vide avec des tomates à 25cm que chaque planche de tomates à 50cm.
  • Effeuillage progressif : sur tomate, effeuiller 1 à 2 feuilles par semaine sous le bouquet en récolte, jamais plus de 3 d’un coup. Toujours en début d’après-midi, temps sec, plaies nettes. C’est probablement le levier prophylactique n°1 contre B. cinerea tige.
  • Choix variétal : intégrer dans la commande de plants les résistances disponibles. Sur tomate, Cf (cladosporiose) est aujourd’hui quasi standard ; sur concombre, résistances P. cubensis et P. xanthii existent (lignées récentes). Sur laitue, suivre les races de Bremia en pression locale et adapter (Bl 16-37+ selon les saisons).
  • Soufre micronisé : reste l’allié principal contre les oïdiums en bio. Fenêtre d’efficacité : T° entre 18 °C (seuil de sublimation) et 28 °C. En dessous de 18 °C : inerte. Au-dessus de 28-30 °C : risque de phytotoxicité (brûlures). Application tôt le matin, dose courante 7,5 à 12,5 g/10 L (soufre mouillable), renouvellement 8 à 10 jours en préventif.
Le réflexe matinal du maraîcher : 3 questions chaque jour

Avant d’ouvrir le tunnel, pendant la tournée du matin, se poser systématiquement :

  • Y a-t-il de l’eau libre sur le feuillage ? (condensation, gouttelettes, eau de pied de plante) → si oui, ouverture faîtière prioritaire, pas d’intervention mécanique tant que le feuillage n’est pas sec.
  • Quelle est la pression dominante sur cette culture aujourd’hui ? Mildiou (cucurbitacée fraîche-humide, tomate après orage) ? Oïdium (tomate / aubergine en série fermée, ambiance tiède sèche) ? Botrytis (plaies fraîches d’effeuillage / récolte) ? → l’ambiance se règle en fonction.
  • Quelle météo demain et après-demain ? Si nuit fraîche à venir avec ciel dégagé → anticiper la condensation, prévoir une ouverture nocturne minimale. Si canicule annoncée → préparer la brumisation et l’effeuillage léger.

L’ambiance sous abri se pilote à la journée, pas à la saison. C’est plus exigeant qu’un raisonnement par traitements, mais c’est le seul vrai outil curatif du maraîcher bio.

Sources

Article rédigé pour l’APABA par Clotaire. Merci de nous remonter vos retours et observations terrain pour enrichir cette ressource.

Récolter au bon moment : quelques repères techniques

Pourquoi se poser la question ?

Sur les marchés deux pratiques cohabitent : récolte à l’aube sans chambre froide pour vendre dans la journée, et récolte de la veille avec passage en chambre froide. Chacune a ses défenseurs et son argument « fraîcheur ».

La question n’est pas de trancher dans l’absolu, mais de choisir la stratégie adaptée à chaque culture, à son circuit de commercialisation et à l’équipement disponible. Cet article fait le point sur ce qui change dans le légume au fil de la journée, et propose des repères concrets par famille.

Ce qui change dans le légume entre la nuit et la journée

Quatre choses évoluent en sens contraires sur 24 heures. Aucun horaire ne les optimise toutes en même temps : c’est l’origine du débat.

Le goût et les vitamines — Le légume fabrique ses sucres et sa vitamine C en journée par photosynthèse, et il en consomme une partie la nuit pour vivre. Conséquence : meilleur goût et plus de vitamines en fin d’après-midi, moins à l’aube. Les écarts mesurés en fin de journée par rapport à l’aube sont significatifs sur les feuillus (vitamine C) et sur les fruits (taux de sucres mesurés au Brix).

Les nitrates — Le légume absorbe les nitrates du sol jour et nuit, mais ne les transforme qu’à la lumière. Donc ils s’accumulent la nuit et baissent en journée. Point réglementaire à surveiller sur les feuillus (Règlement (UE) 2023/915), surtout en hiver sous abri quand la lumière manque.

La fermeté visuelle — À l’aube, le légume est gorgé d’eau, dressé, croquant. C’est ce qui fait dire « il sort de terre, c’est frais ». Dès qu’il fait chaud et sec en journée, les feuilles flétrissent : c’est immédiatement visible sur les salades, persils, coriandres, qui deviennent invendables même si tout le reste est bon.

La température du légume à la récolte — Plus le légume est chaud à la récolte, plus vite il se dégrade ensuite. C’est le paramètre le plus sous-estimé. Concrètement : ce qui tient 3 jours en chambre froide après une récolte fraîche tient à peine 1 jour si la récolte a été faite en pleine chaleur sans refroidissement immédiat.

Comparaison des pratiques courantes

PratiqueGoût / vitaminesNitratesFermetéConservationDurée de vente
Récolte 5h-7h, sans froid, vente jour mêmeFaiblesÉlevésMaximaleLimitée4-6 h max
Récolte du matin (8h-10h) + chambre froideBonsModérésBonneBonne24-72 h
Récolte du matin + rinçage à l’eau du réseau + chambre froideBonsModérésBonneTrès bonne en été24-72 h
Récolte 14h sans froidÉlevés à la récolte, chute libre ensuiteFaiblesMauvaiseTrès mauvaiseQuelques heures, pertes garanties

Le quatrième cas est à proscrire. Les trois premiers sont défendables selon le circuit.

Définir ce qu’on entend par « frais »

Le terme recouvre deux réalités différentes :

  • Fraîcheur visuelle (légume gorgé d’eau, croquant à l’œil) → récolte d’aube, valable pour vente sous 4 heures.
  • Fraîcheur nutritionnelle et durée de vie (richesse en sucres et vitamines, conservation) → récolte du matin avec chambre froide.

Un légume récolté à 9h, mis en chambre froide dans l’heure qui suit, sur l’étal à 8h le lendemain, a plus de vitamine C, moins de nitrates et tient plus longtemps qu’un légume récolté à 5h sans froid. Côté fermeté, le passage en chambre froide humide compense l’absence de récolte d’aube : la salade reste croquante.

La chaîne du froid maîtrisée n’enlève rien à la fraîcheur — elle la prolonge.

Le rinçage à l’eau du réseau : un complément efficace à la chambre froide

L’eau du réseau sort entre 10 et 14 °C selon la saison et la source. Sortie d’un puits ou forage, c’est souvent encore plus froid en été. C’est largement suffisant pour rabattre rapidement la température d’un légume récolté chaud avant qu’il n’entre en chambre froide.

L’intérêt du rinçage à l’eau du réseau, surtout l’été :

  • Refroidissement rapide : un radis botte à 25 °C douché à l’eau à 12 °C perd 10 °C en quelques minutes. La chambre froide finit ensuite le travail tranquillement, sans avoir à lutter contre une grosse masse chaude.
  • Apport d’humidité : l’eau réhydrate les feuilles flétries par la chaleur. Une salade qui ressort du rinçage est ferme et brillante.
  • Lessivage des poussières et résidus de terre : meilleure présentation.

L’eau du réseau ne remplace pas la chambre froide, elle la décharge : elle prend en charge le « gros » du refroidissement, la chambre froide tient la température dans la durée.

Points de vigilance :

  • Égouttage avant stockage (5-10 min) pour limiter les pourritures (botrytis, sclérotinia, bactérioses).
  • Pas de rinçage à l’eau froide sur tomates, poivrons, concombres, courgettes, aubergines, basilic : ces espèces craignent le froid en dessous de 10-12 °C (épiderme qui craque, pédoncule fragilisé, blocage de maturation). Pour eux, un simple stockage à l’ombre puis chambre froide tempérée suffit.
  • Renouveler l’eau régulièrement, ou la laisser couler. Pour les volumes importants, prévoir un bac avec trop-plein.

Recommandations par famille

Légumes-feuilles (salades, épinards, blettes, mâche, roquette, herbes)

  • Récolte le matin (8h-10h), suivie d’un passage en chambre froide à 4 °C, HR 90-95 %. Rinçage à l’eau du réseau en complément l’été pour rabattre la chaleur de champ avant stockage.
  • Pour vente sous 4h sans chambre froide : récolte d’aube possible (5h-7h).
  • Éviter la récolte de l’après-midi et du soir en été : au-delà de 17h, il fait encore environ 28-30 °C, la chaleur reste trop élevée et les feuilles continuent de flétrir. Le créneau du soir ne fonctionne qu’en mi-saison ou trop tard.

Cas particulier basilic : pas de rinçage à l’eau froide, pas de chambre froide < 10 °C. Stockage 12-15 °C ou température ambiante les pieds dans l’eau.

Légumes-bottes (radis, carottes fanes, navets bottes, oignons frais)

  • Récolte le matin (9h-11h), rinçage à l’eau du réseau systématique, puis chambre froide à HR > 90 %.
  • Fanes = maillon faible : si elles flétrissent, le légume entier devient moins vendable.
  • Si le bottelage doit attendre : un petit arrosage permet aux racines de ne pas sécher (et reste bien orange après lavage) et au fane de rester fraiche.

Légumes-racines de garde (carottes, betteraves, panais, céleri-rave, navets de garde)

  • Créneau horaire indifférent. Récolter quand le sol le permet (ressuyé, ni détrempé, ni gelé).
  • Priorité absolue : pas de blessures à la récolte (portes d’entrée pour les pourritures de stockage).
  • Ressuyage 24-48h à l’ombre ventilée avant mise en chambre froide à 2 °C, HR 95 %.
  • Tri rigoureux à l’entrée du stockage long.

Légumes-fruits d’été (tomates, courgettes, poivrons, aubergines, concombres)

  • Récolte le matin (9h-13h) : rosée séchée, chaleur encore acceptable, sucres accumulés.
  • Stockage tempéré obligatoire : 10-12 °C pour tomates et concombres, 7-10 °C pour courgettes, aubergines, poivrons. (en théorie)
  • Éviter la récolte 13h-16h sans capacité de refroidissement immédiate.

Cucurbitacées de garde (potirons, butternuts, courges spaghetti)

  • Récolte à maturité : pédoncule sec et liégeux, épiderme dur à l’ongle, couleur de fond établie.
  • Créneau horaire indifférent.
  • Ressuyage 1-2 semaines au soleil pour durcir l’écorce et cicatriser le pédoncule.
  • Stockage 12-15 °C, HR 60-70 %. Jamais en chambre froide à 4 °C.

Alliacées (oignons, échalotes, ail de conservation)

  • Récolte quand 50-70 % des feuilles sont couchées et jaunissantes.
  • Séchage au sec ventilé 2-4 semaines impératif avant stockage long.
  • Stockage 5 °C HR 65-70 %, ou 15-20 °C HR 60-65 %.

Tableau de synthèse — paramètres de stockage par famille

FamilleTempératureHRDurée
Salades, épinards, blettes0-4 °C90-95 %5-14 j
Herbes aromatiques (sauf basilic)2-4 °C95 %7-14 j
Basilic12-15 °C85-90 %5-7 j
Radis, carottes fanes, navets bottes0-2 °C95 %5-10 j
Carottes, betteraves, panais (garde)0-2 °C95 %3-6 mois
Tomates mûres10-12 °C85-90 %5-10 j
Courgettes, aubergines7-10 °C90-95 %7-14 j
Concombres10-12 °C95 %7-14 j
Poivrons7-10 °C90-95 %14-21 j
Courges d’hiver12-15 °C60-70 %3-8 mois
Oignons, échalotes secs0-5 °C ou 15-20 °C65-70 %5-10 mois
Ail0 °C ou 15-18 °C60-65 %6-9 mois
Pommes de terre table4-8 °C90-95 %4-8 mois

Une chambre froide unique à 4 °C convient à la majorité des productions de circuit court, à l’exception des légumes sensibles au froid (tomates, courges, concombres, basilic, poivrons) à tenir séparés.

Points de vigilance pratiques

  • Empilement des cagettes : laisser de la ventilation entre les rangs. Une cagette pleine entourée d’autres cagettes pleines met plusieurs heures à refroidir à cœur, même en chambre froide.
  • Pertes invisibles sur marché long : les invendus de fin de marché (sur étal au soleil de 8h à 13h en été) représentent une perte significative rarement comptabilisée dans le prix de revient. À intégrer dans le calcul de rentabilité.

Pour aller plus loin

  • USDA Agriculture Handbook 66 — The Commercial Storage of Fruits, Vegetables, and Florist and Nursery Stocks (référence internationale de la post-récolte, accessible en ligne).
  • Ctifl — Guide de la récolte et de la préparation des légumes.
  • INRAE — Travaux sur la physiologie post-récolte.
  • Règlement (UE) 2023/915 — teneurs maximales pour les contaminants dans les denrées alimentaires (dont nitrates dans les légumes-feuilles), en vigueur depuis le 25 mai 2023 (abroge le règlement (CE) 1881/2006 et ses modifications successives).

Article rédigé pour l’APABA par Clotaire. Merci de nous remonter vos retours et observations terrain pour enrichir cette ressource.

PBI en maraîchage bio

Pourquoi parler de Protection Biologique Intégrée maintenant

Les cultures sous abris (tomate, aubergine, concombre, poivron, courgette, fraise, laitue) démarrent en avril-mai. C’est exactement la fenêtre où la PBI donne son meilleur rendement : les ravageurs ne sont pas encore installés en foyers massifs, et un lâcher préventif coûte 5 à 10 fois moins cher qu’un curatif une fois les colonies en place. En bio, sans solutions de synthèse, la PBI n’est pas une option parmi d’autres : c’est le levier de protection des cultures sous abris. Mieux vaut s’y préparer maintenant que d’improviser quand les pucerons sont déjà sur les feuilles.

Le triptyque à respecter

La réussite d’un lâcher tient à trois choses :

  • Observer — passer dans chaque serre au moins une fois par semaine, identifier les premiers individus de ravageurs (face inférieure des feuilles, jeunes pousses, fleurs).
  • Choisir le bon auxiliaire selon le ravageur cible (voir paires ci-dessous).
  • Respecter les conditions techniques de lâcher — chaque auxiliaire a sa température optimale, son hygrométrie, son moment de la journée.

Les auxiliaires sont des êtres vivants : à lâcher dans les 1 à 2 jours après réception, à conserver entre 6 et 15 °C selon les espèces, à l’obscurité, flacon à l’horizontale. Manipuler les sachets avec précaution, ne pas écraser, ne pas toucher les insectes.

5 paires ravageurs → auxiliaires prioritaires pour avril

Le détail complet (modes d’action, conservation, doses précises) est dans l’annexe PBI du Bulletin technique Légumes Bio Occitanie Ouest d’avril 2026 (lien en fin d’article). Ci-dessous une lecture rapide pour démarrer.

Acariens jaunes et rouges (Tetranychus urticae et apparentés)
  • Auxiliaire de référence : Phytoseiulus persimilis (acarien prédateur)
  • Quand : dès apparition des premiers acariens sur le feuillage
  • Conditions : T° 20–25 °C, hygrométrie > 70 % (brumisation utile), inefficace au-dessus de 30 °C
  • Doses : préventif 2 ind/m² ; faible attaque 5 ind/m² ; forte attaque 20–50 ind/m², à renouveler tous les 8–15 jours
  • À éviter : ne pas utiliser Neoseiulus californicus sur tomates (les trichomes des feuilles bloquent sa mobilité)
Aleurodes (mouches blanches : Trialeurodes vaporariorum, Bemisia tabaci)
  • Auxiliaires de référence : Encarsia formosa + Eretmocerus eremicus (souvent en mélange, micro-hyménoptères parasitoïdes)
  • Quand : dès l’observation des premiers individus, ou en préventif après plantation
  • Conditions : T° moyenne > 18 °C, supportent mal > 30 °C
  • Doses : 2 à 3 lâchers tous les 8 jours pendant 2-3 semaines après plantation, puis 1/mois
  • Indicateur de réussite : larves d’aleurodes parasitées qui deviennent noires (Encarsia) ou jaunes (Eretmocerus)
Petits pucerons (Aphis gossypii, Aphis fabae, Myzus persicae)
  • Auxiliaire de référence : Aphidius colemani (micro-hyménoptère parasitoïde)
  • Quand : dès apparition, ou préventif en début de culture
  • Conditions : T° optimale 20–25 °C, perte d’efficacité < 20 °C ou > 30 °C
  • Doses : préventif 0,5 ind/m² ; faible attaque 0,5–1 ind/m² ; renforcement 2 ind/m² ; tous les 8–15 jours
  • Indicateur : premières momies dorées 10–15 jours après introduction
Gros pucerons (Macrosiphum euphorbiae, Aulacorthum solani)
  • Auxiliaire de référence : Aphidius ervi
  • Conditions et doses : similaires à A. colemani (souvent vendu en mélange)
  • À combiner avec Aphidoletes aphidimyza (cécidomyie prédatrice) en appoint sur foyers, et Chrysoperla carnea en cas d’attaque massive
Thrips
  • Auxiliaires de référence : Orius laevigatus (punaise prédatrice, à partir de la floraison car a besoin de pollen) + Neoseiulus cucumeris (acarien prédateur)
  • Conditions : T° optimale > 20 °C, humidité > 60 %
  • Doses : Orius préventif 0,5 sachet/m² ou 25 ind/m², curatif 100 ind/m² ; Neoseiulus cucumeris préventif 50 ind/m², curatif 100 ind/m²
  • À éviter : N. cucumeris sur tomates (trichomes)
Tableau de synthèse — paires ravageur / auxiliaire
Ravageur Auxiliaire principal Conditions clés Dose préventive
Acariens jaunes / rouges Phytoseiulus persimilis T° 20–25 °C, H° > 70 % 2 ind/m²
Aleurodes Encarsia formosa + Eretmocerus eremicus T° > 18 °C 2-3 lâchers tous les 8 j
Petits pucerons Aphidius colemani T° 20–25 °C 0,5 ind/m²
Gros pucerons Aphidius ervi T° 20–25 °C 0,5 ind/m²
Thrips Orius laevigatus + Neoseiulus cucumeris T° > 20 °C, H° > 60 % Orius 0,5 sachet/m²
Polyphage (cumul ravageurs) Macrolophus pygmaeus T° 15–25 °C, lâcher 8–10 sem avant pression 1-2 adultes/m² + 10-20 larves/m²

Source : Annexe PBI du BT Légumes Bio Occitanie Ouest, avril 2026  

Pour les cultures à problèmes multiples

Si la même serre subit acariens + aleurodes + pucerons, Macrolophus pygmaeus (punaise prédatrice polyphage) est l’auxiliaire « couteau suisse » : prédate œufs, larves, pupes d’aleurodes, plus acariens, thrips, pucerons.

  • Installation longue (8 à 10 semaines), à anticiper donc dès la pépinière.
  • Bien adapté aux tomates.
  • Prévoir un complément alimentaire en œufs d’Ephestia au démarrage.
  • Pas d’effeuillage agressif juste après le lâcher (perte des auxiliaires).
  • Après tout effeuillage, laisser les feuilles tombées au sol 1-2 jours pour permettre la migration des macrolophus vers les nouvelles feuilles.
Points de vigilance pratiques
  • Conservation rapide : 1-2 jours max avant lâcher, entre 6 et 15 °C selon espèce, à l’obscurité.
  • Brumisation utile pour la plupart des auxiliaires (acariens prédateurs notamment) — coupler PBI et conduite climatique.
  • Présence de fourmis = problème : elles protègent les pucerons des coccinelles. Traiter les fourmilières en bordure de serres.
  • Forte chaleur estivale (> 30 °C) : adapter le calendrier, la plupart des auxiliaires deviennent inefficaces — privilégier Aphelinus abdominalis sur pucerons (résiste mieux), Amblyseius swirski sur acariens et thrips.
Fournisseurs et ressources Aveyron / Occitanie

Liste de fournisseurs/distributeurs d’auxiliaires accessibles depuis l’Aveyron (Koppert, Biobest, Andermatt France, distributeurs régionaux).

Retour d’expérience adhérent

La ferme de Biotenga se font accompagner tous les ans par Célia de Biobest, ils sont très content des résultats pour un coût annuel assez faible.

Pour aller plus loin

Article rédigé pour l’APABA par Clotaire. Merci de nous remonter vos retours et observations terrain pour enrichir cette ressource.

Quel outil numérique pour vendre vos produits en circuit court ?

Boutique en ligne, AMAP, drive fermier, vente aux professionnels… les solutions numériques pour vendre en direct se multiplient et il n’est pas toujours facile de s’y retrouver.

Ce guide comparatif, réalisé par le réseau FRAB AuRA et la FNAB, passe en revue 9 outils concrets — Kuupanda, Socleo, local.bio, NectarGo, La Ruche qui dit Oui !, Locavor, AmapJ, Cagette et CoopCircuits — pour vous aider à choisir celui qui correspond vraiment à votre situation.

Pour chaque outil, vous trouverez :

  • son fonctionnement et ses fonctionnalités clés
  • son coût réel (abonnement, commission, frais cachés…)
  • ses modalités de paiement et de livraison
  • l’accompagnement proposé pour la prise en main

Que vous souhaitiez gérer vos ventes en toute autonomie, vous appuyer sur un réseau de distribution existant, ou vendre en collectif avec d’autres producteurs, ce guide vous donne toutes les clés pour faire le bon choix — et potentiellement gagner plusieurs heures par semaine sur votre gestion commerciale.

Outil de calcul : plan de fertilisation en maraichage

Comment utiliser l’outil de fertilisation

Cet outil permet d’estimer les apports d’engrais en fonction de la culture et des caractéristiques de votre fertilisation organique.
Retrouvez l’outil [ici]

Choix de la culture
Sélectionnez la culture concernée ou choisissez « valeur personnalisée » si vous souhaitez saisir directement vos besoins NPK (kg/ha).

Surface cultivée
Renseignez la surface de la zone cultivée.
Si votre système est en planche + passe-pied, saisissez uniquement la surface réellement plantée.

Intrant principal
Il s’agit de la source principale d’azote (ex : fumier, compost, engrais organique bouchon…).
Renseignez la formulation NPK de l’intrant.
Cet intrant sert à couvrir prioritairement le besoin en azote (N).

Intrant secondaire
Il complète l’apport en potassium (K) si nécessaire.
On peut utiliser par exemple patenkali, korn-kali, sulfate de potassium…
Saisissez la teneur correspondante (ex : 0-0-30).

Cliquez ensuite sur Calculer.
L’outil indique la quantité d’intrant 1 et d’intrant 2 à apporter sur la surface renseignée.

Exemple – Tomate 200 m²

Besoins de la culture :
330 N – 160 P – 680 K (kg/ha)
Soit pour 200 m² :
6,6 N – 3,2 P – 13,6 K (kg/ha)

Paramètres utilisés :
Intrant 1 : engrais bouchon fiente de poule 4-3-3
Intrant 2 : patenkali 30 % K (0-0-30)

Résultat du calcul pour 200 m² de tomate :

  • Intrant 1 : 165 kg d’engrais 4-3-3
  • Intrant 2 : 28,8 kg de patenkali à 30 %

Cet outil constitue une aide à la décision et doit être utilisé en complément d’une analyse de sol et du suivi de la culture.